Pour Talamoni, élu président de l'assemblée de l'île, "la Corse n'est pas un morceau d'un autre pays"

L'élu indépendantiste a prononcé un discours très offensif : "Nous sommes arrivés ici avec tous ceux qui, comme nous, ont toujours combattu les autorités françaises sur la terre de Corse."

Jean-Guy Talamoni prononce un discours après son élection à la tête de l\'Assemblée de Corse, à Ajaccio, jeudi 17 décembre 2015. 
Jean-Guy Talamoni prononce un discours après son élection à la tête de l'Assemblée de Corse, à Ajaccio, jeudi 17 décembre 2015.  (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Jean-Guy Talamoni a prononcé, jeudi 17 décembre à Ajaccio, son discours d'installation à la présidence de l'assemblée de Corse. Dans cette première allocution d'un président indépendantiste depuis la création de l'assemblée, en 1982, l'élu a tendu la main "à tous les Corses", appelant à la "réconciliation" de la communauté. Mais son discours a aussi pris de véritables accents d'indépendance vis-à-vis de la France.

"En votant pour les nationalistes, le peuple corse a dit que la Corse n'était pas un morceau d'un autre pays, mais une nation, avec sa langue, sa culture, sa tradition politique, sa manière d'être au monde", a ajouté Jean-Guy Talamoni qui a prononcé tout son discours de neuf minutes en langue corse, retransmis par nos confrères de France 3 ViaStella. 


Discours de Jean-Guy Talamoni, président de l... par France3CorseViaStella

Dans la foulée de la victoire, dimanche, des nationalistes corses au second tour des élections territoriales, l'élu a obtenu les 24 voix des élus nationalistes sur les 51 sièges de l'Assemblée.

 Le "combat" pour que "la Corse demeure une nation"

Dans son discours, Jean-Guy Talamoni a affirmé que les nationalistes "tendaient la main à tous les Corses, mais aussi à ceux qui sont arrivés chez nous il y a peu et qui sont venus en amis pour partager notre destin". "Demain, tous ensemble, nous travaillerons au bien commun", a-t-il poursuivi, demandant aux adversaires des nationalistes "d'abandonner leur peur". "L'heure est venue de la réconciliation de notre communauté avec elle-même", a-t-il ajouté. 

"Nous sommes arrivés ici avec tous ceux qui, comme nous, ont toujours combattu les autorités françaises sur la terre de Corse", a également déclaré le nouveau président de l'Assemblée, évoquant notamment "tous ceux qui depuis 1768 n'ont cessé de combattre pour que la Corse demeure une nation".

"Nous sommes arrivés ici avec les soldats de [Pascal] Paoli [père de l'indépendance corse]  tombés à U Borgu et à Pontenovu [défaite des Paolistes contre les Français], nous sommes arrivés ici avec les militants du Front [de libération nationale de la Corse] morts pour la Corse", a-t-il dit.

Il réclame la libération des prisonniers corses

"Demain, nous obtiendrons l'amnistie des prisonniers et des recherchés (...) et personne ne pourra s'opposer à cette volonté populaire", a par ailleurs déclaré Jean-Guy Talamoni. Les nationalistes réclament la libération de 25 prisonniers que les autorités françaises refusent de qualifier de "politiques".