Programme de Benoît Hamon : Nicolas Hulot se réjouit qu'"un socialiste" ait "une vision exigeante" de l'écologie

À l'occasion du nouveau rendez-vous politique de franceinfo "Dossier de candidature", qui passe au crible le programme du candidat Benoît Hamon, Nicolas Hulot a salué ce jeudi sur franceinfo les propositions du candidat socialiste et se réjouit de sa "vision exigeante" de l'écologie. 

Nicolas Hulot, le 10 décembre 2015.
Nicolas Hulot, le 10 décembre 2015. (ERIC PIERMONT / AFP)
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C’est le programme de Benoît Hamon qui était passé, ce jeudi 16 février, au crible dans le nouveau rendez-vous politique sur franceinfo : le Dossier de candidature. Le candidat socialiste fait de l’écologie une priorité dans son programme, avec son souhait de sortir du diesel et atteindre 50% d'énergies renouvelables en 2025. Il souhaite également négocier au niveau européen pour que 400 millions d'euros de la PAC soient consacrés à l'agroécologie.

Un programme qu'a salué jeudi matin sur franceinfo Nicolas Hulot, qui s'est réjoui "qu’un socialiste" ait "une vision exigeante" de l'écologie. 

franceinfo : Qu’est-ce qui vous intéresse dans ce que dit Benoît Hamon sur l’écologie ?

Nicolas Hulot : Je l’ai découvert comme beaucoup de Français dans le dernier débat avec Manuel Valls. Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est que pour une fois, un socialiste avait une vision exigeante de ce sujet-là. Pour lui, l’écologie n’était pas, comme c’est souvent le cas, une variable d’ajustement. C’est important, parce que le drame, sur un sujet aussi complexe, qui met en jeu l’avenir de l’humanité, c’est que dans nos sociétés on a tendance à le sous-traiter soit au milieu associatif soit à un groupe politique. Pour une fois, quelqu’un d’une grande formation a une vision exigeante sur ce sujet. Je l’ai salué et ce n’est pas une adhésion à un homme, c’est une adhésion à une vision, à une exigence, à une forme de radicalité. Nous sommes dans une situation radicale vis-à-vis de notre environnement. L’environnement n’est pas un sujet parmi d’autres. C’est un enjeu qui conditionne tout le reste et j’ai eu le sentiment que Benoît Hamon avait compris qu'il fallait le placer au-dessus de tous les autres. C’est ce que j’attends. On ne peut pas se permettre, compte tenu de la gravité de la situation qui occasionne des conséquences sociales, humanitaires, économiques ici et ailleurs, d’aborder cette question comme un sujet parmi d’autres.

Sommes-nous passés au stade où nous n'avons plus besoin d’un candidat estampillé écologiste ?

L’avenir le dira. Je pense que les écologistes politiques auront toujours un rôle à jouer, mais ça n’était pas suffisant pour engager une transformation profonde de notre société. L’écologie ça peut être une fantastique opportunité notamment avec ce dernier rapport rendu par des syndicats et des experts qui dit qu’on peut créer à partir de la transition écologique un million d’emplois. Ce qui m’intéresse dans cette campagne, c’est que j’ai l’impression qu’on ne regarde pas cet enjeu par le petit bout de la lorgnette.

Dans le programme de Benoît Hamon, il y a aussi des thèmes que vous avez déjà abordés, comme la décroissance, la fiscalité écologique ?

C’est une chose de poser un constat sur la planète, de vouloir rétablir les équilibres climatiques, de s’affranchir des énergies fossiles. C’est une autre chose que d’en tirer les conséquences et de dire qu’un modèle basé sur une croissance exponentielle des flux énergétiques n’est pas compatible. Il faut avoir le courage de dire que nous allons vers une croissance sélective et qui soit compatible avec une exigence écologique. C’est une vision courageuse que de l’acter. Un modèle qui épuise les matières premières et les ressources naturelles n’a pas d’avenir. L’ignorer c’est une irresponsabilité.

Vous ne voulez pas personnaliser le débat et dire publiquement pour qui vous allez voter ?

Je préfère pointer du doigt une convergence entre des nécessités et certains candidats et après aux électeurs de faire leurs choix. Je leur fais confiance pour qu’ils choisissent librement. En soutenant des idées, en les valorisant, on peut tirer la campagne vers le haut sur ces sujets. Se battre sur des idées, plutôt que de participer à un show de téléréalité.

Vous la trouvez comment cette campagne ?

Il y a du fond dans cette campagne. Mais il est occulté par les affaires. Je vais dire une banalité. Pour la démocratie ce n’est pas très sain.

Nicolas Hulot : "En soutenant des idées, en les valorisant, on peut tirer la campagne vers le haut sur ces sujets."

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