Présidentielle : thèmes, temps de parole... Le mode d'emploi du premier grand débat à 11 candidats

Pour la première fois, les onze candidats à la présidentielle vont se retrouver avant le premier tour, mardi, sur BFMTV et CNews.

Derniers préparatifs pour le débat de la présidentielle organisé par BFMTV et CNews, à Paris, le 3 avril 2017.
Derniers préparatifs pour le débat de la présidentielle organisé par BFMTV et CNews, à Paris, le 3 avril 2017. (MAXPPP)
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C'est une grande première : à un peu plus de deux semaines du premier tour de l'élection présidentielle, la totalité des onze candidats ont rendez-vous, mardi 4 avril, à partir de 20h40 sur BFMTV et CNews, pour un débat télévisé axé sur les thèmes de l'emploi, de la sécurité et du modèle social. Le "Grand débat" devrait durer – en théorie – 3h30 avec une seule coupure publicitaire.

>> Présidentielle : regardez en direct sur franceinfo.fr "Le Grand Débat" entre les 11 candidats sur BFMTV et CNews

Les cinq candidats favoris des sondages, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, s'étaient déjà affrontés lors d'un précédent débat sur TF1 et LCI le 20 mars, sous l'œil de plus de 10 millions de téléspectateurs. Voici le mode d'emploi de ce premier débat avec tous les candidats, inédit sous la Ve République.

Quels seront les thèmes abordés ?

En introduction, les candidats auront chacun une minute pour répondre à la question : "Qui êtes-vous ?" L'ordre des prises de parole a été tiré au sort : Nicolas Dupont-Aignan sera le premier à se présenter et Philippe Poutou clôturera la séquence, précise BFMTV. En guise de conclusion, les candidats seront invités à expliquer comment ils comptent rassembler les Français. Jean-Luc Mélenchon débutera cette dernière séquence, et Marine Le Pen la conclura.

Les candidats seront interrogés sur trois thèmes : "Comment créer des emplois ?", "Comment protéger les Français ?" et "Comment mettre en œuvre [leur] modèle social ?" Une pause de six minutes interviendra après le premier thème pour permettre aux candidats de consulter leurs proches. Le sujet de "la moralisation de la vie publique" sera aussi abordé, a assuré Ruth Elkrief, l'une des présentatrices du débat, après que François Fillon, mis en examen pour détournement de fonds publics, a été jugé plutôt épargné sur ce sujet, lors du débat du 20 mars.

Les candidats auront chacun une minute et demie pour répondre à chaque question et pourront s'interpeller. Au total, ils disposeront de 17 minutes de temps de parole, pendant les 3h30 d'émission. "Ça paraît peu mais c'est autant que lors des débats des primaires, précise Hervé Béroud, le directeur de BFMTV au Parisien. Ils devront cependant tous rester concentrés pendant 3h30 car ils pourront être filmés à tout moment."

Comment sera organisé le plateau ?

Disposés en arc de cercle autour des deux journalistes aux manettes, Ruth Elkrief et Laurence Ferrari, les candidats seront éloignés de 87,50 cm les uns des autres, précise BFMTV. D'après un tirage au sort, les 11 candidats seront disposés dans cet ordre, de la gauche vers la droite : François Fillon, Jean-Luc Mélenchon, Jean Lassalle, Nathalie Arthaud, Marine Le Pen, Benoît Hamon, Jacques Cheminade, Philippe Poutou, Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau, précisent Les EchosLe public derrière eux sera composé de 220 personnes, majoritairement des proches des candidats. Chacun a pu inviter 12 personnes de son entourage.

Contrairement au débat à cinq, les prétendants à l'Elysée pourront s'asseoir sur des tabourets. En revanche, l'usage des téléphones portables sera interdit. Lors du premier débat, plusieurs médias, comme Le Figaro ou Le Parisien, avaient affirmé que François Fillon avait envoyé des messages à sa conseillère en communication. Une affirmation démentie par le principal intéressé lors de "L'Emission politique" du 23 mars : "Je vous assure que je ne reçois jamais de SMS pendant une émission. Encore une calomnie supplémentaire."

Dans quel état d'esprit sont les candidats ?

Selon un responsable du Front national, cité par l'AFP, Marine Le Pen "ne se prépare pas vraiment" mais "se mettra un peu au calme" dans l'après-midi. Pour François Fillon, ce sera l'occasion de "défendre" à nouveau son projet, même si un débat de cette nature est "une terre inconnue". Même état d'esprit pour Emmanuel Macron, dont l'entourage indique qu'"il n'y a pas vraiment d'idée parce que c'est un tel bordel à onze..."

Le candidat socialiste Benoît Hamon se prépare "déjà à la frustration liée à l'exercice", indique son équipe, mais il n'est pas, selon elle, "dans la logique 'je prépare mes punchlines', il ne fait pas du marketing politique". Tout l'inverse du côté de Jean-Luc Mélenchon qui "se prépare quelques bonnes punchlines !", d'après Danielle Simonnet, porte-parole de la France insoumise.

Du côté des "petits" candidats qui participent à leur premier débat, l'enjeu est aussi de se faire connaître. Nathalie Arthaud prévient qu'il ne faut pas attendre d'elle "un coup médiatique", tandis que le candidat UPR, François Asselineau, "dans un état d'esprit serein", espère faire découvrir ses propositions qui "tranchent, de façon décisive, avec celles des candidats ultra-médiatisés". Jean Lassalle indique à franceinfo qu'il "ne se prépare pas", tandis que Jacques Cheminade "lit des poèmes""J'ai allégé mon emploi du temps, je vais aller nager à la piscine pour me décontracter", explique Nicolas Dupont-Aignan à franceinfo.

>> Natation, poésie... Comment les "petits" candidats se préparent au "Grand débat"

Côté pratique, chaque candidat disposera d'une loge d'une taille identique contenant le même mobilier : un bureau de maquillage avec un miroir, quatre chaises, une table basse et un canapé rouge ou blanc.

Qui animera le débat ?

Ruth Elkrief (BFMTV) et Laurence Ferrari (CNews) sont chargées de la présentation. Les deux journalistes se connaissent bien puisqu'elle ont déjà animé ensemble le deuxième débat entre les candidats de la primaire de la droite, le 3 novembre dernier, et un autre lors de la primaire de la gauche. Elles ont exprimé leur volonté d'être "fermes" pour que "tout le monde soit audible" et éviter "le pugilat", espérant "un rendez-vous de niveau présidentiel avec du fond", après une campagne largement occupée par les affaires.