Présidentielle : pourquoi les résultats du premier tour ont été annulés dans douze communes ou bureaux de votes

Le Conseil constitutionnel a dévoilé, mercredi, la liste de ces bureaux où les électeurs se sont déplacés pour rien dimanche.

Des élécteurs prennent leurs bulletins de vote dans un bureau de Strasbourg (Bas-Rhin), pour le premier tour de l\'élection présidentielle, le 23 avril 2017.
Des élécteurs prennent leurs bulletins de vote dans un bureau de Strasbourg (Bas-Rhin), pour le premier tour de l'élection présidentielle, le 23 avril 2017. (FREDERICK FLORIN / AFP)
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Cela ne fera pas basculer les résultats du premier tour de l'élection présidentielle, mais agacera sans doute les électeurs dont le vote ne comptera pas: le Conseil constitutionnel a annoncé, mercredi 26 avril, l'annulation des résultats du vote dans douze communes ou bureaux de vote, en raison d'irrégularités. Que c'est-il passé ? Franceinfo résume les différents cas de figure.

Des défauts de procédure, qui cachent parfois des conflits locaux

Dans certaines communes, les électeurs n'ont pas suivi, au moment de voter, la même procédure que partout ailleurs. Ainsi, dans un bureau de vote d'Ecouen, dans le Val d'Oise, ils ont été invités "à signer la liste d'émargement avant de déposer leur bulletin dans l'urne", alors que la règle stipule de le faire après le vote. Une erreur qui n'est pas anodine, puisque les résultats de ce bureau ont donc été annulés.

Les habitants de Lamastre, en Ardèche, ont pu voter sans avoir à présenter leur carte d'identité, seulement leur carte d'électeur. C'est pourtant obligatoire dans les communes de plus de 1 000 habitants : Lamastre en compte plus de 2 300, et 1 566 personnes y ont voté dimanche. "Si votre femme vient voter, vous n'allez pas lui dire 'je ne vous connais pas, montrez-moi votre pièce d'identité'", se défend le maire de la commune, Jean-Paul Vallon, joint par franceinfo. Il assure que sa commune n'est pas la seule où cette règle n'est pas respectée. Mercredi, le Conseil constitutionnel a annulé les votes d'un des bureaux de la commune de Saint-Sauveur-Lendelin (Manche) pour la même raison.

A Lamastre, le maire divers droite, qui se présente contre le PS aux prochaines législatives, estime qu'il est victime de l'animosité du délégué socialiste, qui aurait mentionné le défaut de procédure sur le procès-verbal par "basse manœuvre politicienne". Contacté par franceinfo, un délégué PS assure, lui, que "cela fait plusieurs élections que le problème se pose et on se demande si tous ceux qui votent en ont le droit."

Des bureaux trop peu encadrés

Deux bureaux de vote ont vu leurs résultats annulés car ils manquaient d'assesseurs. Aux Abymes, en Guadeloupe, un bureau ne comptait aucun, alors que le code électoral en impose au moins deux, et qu'il doit toujours y avoir au moins deux personnes pour tenir le bureau. A l'Ajoupa-Bouillon, en Martinique, les deux assesseurs d'un bureau ont été absents une partie de la journée. C'est le moment qu'avait choisi le délégué du Conseil constitutionnel pour passer dans le bureau. Dans sa décision, l'instance rappelle "qu'une telle irrégularité est de nature à entraîner des erreurs et peut favoriser la fraude".

Des oublis administratifs fâcheux

Phobie administrative ? Distraction ? Mauvaise volonté ? Plusieurs bureaux ont vu leurs résultats annulés, car des irrégularités apparaissaient dans les documents qu'ils ont transmis au Conseil constitutionnel. A Celles-lès-Condé, un nombre de bulletins blancs ou nuls étonnamment important pour une commune de 59 électeurs a été constaté, sans que le procès-verbal ne l'explique. Le Conseil constitutionnel, "pas en mesure d'exercer son contrôle sur la régularité des votes dans cette commune", a annulé les suffrages.

A Louan-Villegruis-Fontaine, en Seine-et-Marne, il manquait un procès-verbal aux documents transmis à la préfecture, explique cette dernière à La République de Seine-et-Marne. Le maire de Leychert, dans l'Ariège, a fait le même oubli. "Une erreur humaine extrêmement pénalisante pour l'ensemble des citoyens qui se sont rendus aux urnes", déplore-t-il auprès de La Dépèche du Midi. Le même problème s'est produit dans un bureau de vote d'Acaoua, à Mayotte.

A Nantillé, en Charente-Maritime, le procès-verbal a bien été transmis, mais il était incomplet. Dans un bureau de vote de M'Tsamboro, à Mayotte, il comportait un gros oubli : les résultats obtenus par les différents candidats n'y figuraient pas.

Ce procès-verbal, qui permet de garantir la validité du vote, comporte notamment des rubriques permettant aux membres du bureau de mentionner des observations et d'éventuelles réclamations. Mais à Uza, dans les Landes, ces rubriques avaient été supprimées du document, entraînant l'invalidation des suffrages des 125 électeurs de la commune qui s'étaient déplacés.