Présidentielle : "Il faut bien que quelqu'un soit prêt à dire ses quatre vérités au système"

Le candidat à l'élection présidentielle, Jacques Cheminade, a obtenu samedi les 500 parrainages nécessaires pour se présenter. Il se dit prêt, au micro de franceinfo, à "dire ses quatre vérités au système".

Jacques Cheminade, le 15 novembre 2016.
Jacques Cheminade, le 15 novembre 2016. (JOEL SAGET / AFP)
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"Il faut bien que quelqu'un soit prêt à dire ses quatre vérités au système", a estimé samedi 18 mars sur franceinfo Jacques Cheminade, pour expliquer sa candidature à l'élection présidentielle pour la troisième fois, après 1995 et 2012. Il a obtenu les 500 parrainages nécessaires pour se présenter.

Jacques Cheminade prône une "politique économique et culturelle indépendante", il veut se battre contre la "mondialisation financiarisée" et pour "mettre en place un nouveau système", notamment en refondant l'Union Européenne.

franceinfo : Vous avez 75 ans. Pourquoi vous relancer dans une troisième campagne ?

Jacques Cheminade : A cause des autres ! Je vois que depuis la dernière présidence de Jacques Chirac, celle de Nicolas Sarkozy, celle de François Hollande, rien n'a été fait pour permettre le développement économique du pays, et pour avoir une politique économique et culturelle indépendante. Il faut bien que quelqu'un soit prêt à dire ses quatre vérités au système.

Vous vous définissez comme un candidat hors-système, mais vous êtes déjà beaucoup sur ce créneau là ?

Non, hors-système c'est se battre pour mettre en place un nouveau système. Je ne vais pas perdre mon temps à critiquer le système, tous les Français savent qu'il ne marche pas. Et je profite du système qui me permet d'apparaître [dans les médias], qui a co nservé des aspects démocratiques, mais pas du tout dans le domaine financier et économique.

Vous prônez une sortie de l'UE, de la zone euro, de l'Otan : la France de Cheminade, c'est la France toute seule ?

Non, au contraire ! C'est l'Europe aujourd'hui qui est toute seule. C'est l'Europe qui est recroquevillé sur elle-même. La réalité du monde est en Asie aujourd'hui. La France doit dire qu'elle refuse la mondialisation financiarisée, injuste, qui si elle continuait, réduirait de plus en plus la démocratie. Donc il faut se battre contre cela. Malheureusement l'Union Européenne avec son euro qui est son vice, et son bras armé qui est l'Otan, assure que ce système mondialisé soit transmis à l'intérieur de l'Europe comme le vers dans le fruit. Il faut faire une autre Europe qui soit indépendante, et qui soit associée à ce que font les BRICS [Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud]. Un système gagnant-gagnant basé sur l'économie réelle, l'économie qui produit, avec des grands projets d'infrastructures.

L'Europe, Jacques Delors l'avait conçue avec un euro mais aussi avec des grands projets.

Jacques Cheminade

à franceinfo

On n'a pas eu les grands projets et on a un euro que Jacques Delors ne reconnaît même pas lui-même. Mais on ne fait pas tout à fait table rase : il y a Erasmus plus, qui est excellent, un million d'apprentis doivent être dedans, l'aérospatiale c'est très bien, il faut un européen du numérique.

Ce scepticisme sur la constitution européenne telle qu'elle se fait, vous la portiez déjà en 1995 et 2012, pourquoi repartir dans une bataille alors que vous aviez réalisé 0,28% et 0,25% des suffrages ?

Vous savez, si on avait voté en France en 1940, Charles de Gaulle aurait peut-être obtenu à peu près mon score ! Tout le monde allait à Vichy ! On a demandé un jour à Londres à de Gaulle : "pourquoi vous avez si peu de gens autour de vous à Londres ?" Et il a répondu : "parce que dans une grande crise, les possédants sont toujours possédés par ce qu'ils possèdent." Et aujourd'hui c'est pareil, mais les Français sentent la gravité de la crise et cette fois-ci ils sont prêts nos discours !

Jacques Cheminade : "si on avait voté en France en 1940, Charles de Gaulle aurait peut-être obtenu à peu près mon score !"

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