Présidentielle : à Paris, c'est l'embouteillage pour les procurations

À quelques heures du vote, les retardataires se ruent vers les commissariats et les tribunaux. Dans le 15e arrondissement de la capitale, les policiers sont débordés.

Demandes de procuration en 2012 à Lyon.
Demandes de procuration en 2012 à Lyon. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)
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franceinfoRadio France

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Dernières heures pour faire une demande de procuration à l'élection présidentielle. Devant les commissariats et les tribunaux d'instance, les files d'attente s'allongent. Dans le 15e arrondissement de Paris, par exemple,  où l'on compte autant de votants qu'une ville comme Bordeaux, les autorités délivrent 1 000 procurations par jour.

Sur le temps de leur pause déjeuner, une quinzaine de personnes piétinent, jeudi 20 avril, devant le commissariat central, parquées entre deux rangées de barrières métalliques, leur carte d'identité en main. Un effort indispensable pour Christiane : "Je suis venue faire une procuration pour le second tour. Pour rien au monde je ne voudrais rater ça. Je veux vraiment utiliser ce droit qui nous est permis, quelque soit le contexte politique et encore plus aujourd'hui."

Une demi-heure pour obtenir une procuration

À l'intérieur du commissariat, seuls deux policiers distribuent les formulaires à des électeurs cinq fois plus nombreux. Pour Élise, le temps total de l'opération a duré 25 minutes, "Il faut juste faire la queue jusqu'au guichet, récupérer le papier, et après renseigner l'identité du mandant et celui à qui on demande de voter, explique la jeune fille, Ensuite, il faut refaire la queue pour redonner ce papier."

Prendre trente minutes de son temps c'est une chose, mais encore faut il avoir quelqu'un à qui confier sa voix. Il y a ceux qui prennent le vote très à coeur, qui ne seraient pas aller voir quelqu'un d'autre qu'un membre de leur famille. Et d'autres pour qui la procuration tient plus du petit service entre voisins. "À partir du moment où l'on fait confiance à quelqu'un, c'est pour n'importe quelle thématique", affirme Christiane. 

Je donne ma procuration à une amie de mon quartier. Je pense qu'elle ne votera pas come moi mais je lui fais confiance, elle votera ce que je lui ai demandé de voter. 

Christiane, électrice parisienne

à franceinfo

Une tâche ingrate pour les policiers

Le commissariat du 15e arrondissement avait distribué, jeudi 20 avril, 9 000 procurations contre 12 000, à la même période, il y a cinq ans. Pour le maire, Philippe Goujon, le dispositif actuel est insuffisant : "La police effectue cette mission de mauvaise grâce. Elle considère que c'est une charge indue, que ce n'est pas à elle de l'accomplir, ce qui n'est pas totalement faux d'ailleurs, reconnaît l'élu. C'est la raison pour laquelle il y a de l'attente et qu'on est pas forcément très bien accueilli".

Depuis trois jours, le nombre de demandes de procuration par jour a plus que doublé avec près de 1 000 demandes quotidiennes. C'est à cause des retardataires explique Philippe Goujon : "Hélas, trop souvent les électeurs s'aperçoivent, en fin de course, qu'il leur manque quelque chose, qu'ils ne peuvent pas voter. Évidemment, plus on approche du scrutin, plus les délais sont longs". En théorie, la procuration est possible jusqu'au jour du scrutin mais vu le nombre de vérifications à faire, il est préférable de prendre ses précautions.