Législatives : ressources financières, recommandations… Pas si simple de devenir candidat En marche !

A l'approche des législatives, Emmanuel Macron a lancé un grand appel à candidatures, pour présenter sous sa bannière des personnes venues de la société civile. Objectif : le renouvellement des élus politiques. Mais les critères de sélection sont nombreux.

Emmanuel Macron, lors d\'une allocution aux Français expatriés à Londres, le 21 février 2017.
Emmanuel Macron, lors d'une allocution aux Français expatriés à Londres, le 21 février 2017. (TOBY MELVILLE / REUTERS)
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Ils évoquent "le renouvellement" de la vie politique et souhaitent présenter un candidat dans les 577 circonscriptions. Mi-janvier, Emmanuel Macron et ses proches lançaient un grand "appel à candidatures", pour permettre à tout un chacun de pouvoir représenter le mouvement En marche ! aux élections législatives des 11 et 18 juin. Mais un mois et demi après le lancement de ce processus de recrutement ouvert à la société civile, les conditions se révèlent plus nombreuses que prévu. 

Si vous souhaitez vous-même devenir candidat à la députation, attendez-vous à devoir retrousser vos manches. Etapes préliminaires : passer le cap d'un entretien d'embauche ardu, après avoir envoyé un CV, une lettre de motivation et un extrait de casier judiciaire vierge et adhéré au mouvement d'Emmanuel Macron.

"Un travail titanesque"pour trier les candidatures

Problème, ces critères ne sont pas suffisants pour faire un choix entre les centaines de profils qui aimeraient faire campagne dans les circonscriptions d'ici au mois de juin. Joint par franceinfo, le président de la commission chargée d'étudier les candidatures, Jean-Paul Delevoye, reconnaît un "travail titanesque" à mener. Une équipe de "quinze personnes" est chargée de présélectionner les candidatures avant de les présenter à la commission. Mercredi 1er mars, Delevoye revendiquait avoir dépassé la barre des 10 000 candidatures à éplucher, et un rythme de "100 à 200 nouveaux dossiers par jour".

Comment faire, dès lors, pour choisir le bon inconnu chargé de porter le projet Macron à l'échelon local ? Les candidats sont notamment incités à envoyer des lettres de recommandation : élus, chefs d'entreprise, responsables associatifs... Plutôt que des notables locaux, Maria Paz Fave Usach, candidate à Dijon (Côte-d'Or), a décidé d'envoyer des témoignages qui attestent de son engagement dans le mouvement En marche ! "depuis le début". Une stratégie qui peut s'avérer payante, car Jean-Paul Delevoye reconnaît que la commission est "très attentive" aux conditions du ralliement à la campagne d'Emmanuel Macron. Objectif : éviter les candidats opportunistes, qui souhaitent simplement profiter de la popularité de l'ancien ministre et de son mouvement.

L'épine du financement des campagnes

Mais pour les candidats novices en politique, la question financière peut également constituer une barrière supplémentaire. Si le mouvement d'Emmanuel Macron assure rechercher des profils provenant de tous les milieux sociaux, les candidats devront personnellement prendre en charge leurs frais de campagne.

Les choses sont claires : En marche ! ne pourra pas s'occuper du financement de la campagne. Il faudra que les candidats puissent subvenir à leurs dépenses eux-mêmes.

Jean Launay, membre de la commission d'investiture

à franceinfo

Candidat à la députation dans la 17e circonscription de Paris, Frédéric Nahon a déjà réfléchi à la question. Son budget pour financer les dépenses de campagne est chiffré entre "30 000 et 40000 euros", qui serviront à la création d'un site web de campagne "un peu pro, pour être sérieux face aux candidats des autres partis", au financement de "quelques meetings" et d'opérations de tractage. En plus de ces dépenses, il a déjà prévenu son entourage professionnel qu'il devra réduire son activité s'il est choisi pour représenter En marche !.

Jean-Paul Delevoye, lui, reconnaît que cette question du financement pose problème, si les seuls à pouvoir postuler sont les candidats éligibles à des prêts de plusieurs dizaines de milliers d'euros. "Nous sommes en train de réfléchir à des solutions", explique-t-il. 

J'ai proposé de mettre en place un financement participatif et nous avons également évoqué de faire participer les parlementaires qui nous ont rejoints sur leurs fonds personnels.

Jean-Paul Delevoye, président de la commission d'investiture

à franceinfo

Le président de la commission l'assure : l'argent ne doit pas être un frein à une candidature, même pour ce mouvement qui "n'a pas de budget". Et il ne craint apparemment pas que certaines personnes s'autocensurent et ne postulent pas, faute de moyens ou de relations. "Au contraire, beaucoup de candidats ne se rendent pas compte de l'investissement d'une campagne. Que ce soit en termes financiers ou même en heures de sommeil !" Une fois la sélection terminée, des formations de sensibilisation aux impératifs d'une campagne électorale seront d'ailleurs organisées pour les heureux élus.