L'aile gauche du PS appelle à l'organisation d'une primaire pour 2017

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, avait quant à lui laissé la porte ouverte à une primaire, à condition qu'elle concerne tout le spectre politique de gauche. 

Le logo du PS sur un pupître, en Meurthe-et-Moselle, le 25 janvier 2014. 
Le logo du PS sur un pupître, en Meurthe-et-Moselle, le 25 janvier 2014.  (MAXPPP)
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Comment la gauche va-t-elle désigner son candidat pour la présidentielle de 2017 ? Samedi 30 janvier, les leaders de l'aile gauche du PS ont approuvé à l'unanimité un texte appelant le parti à participer à l'organisation d'une primaire. 

Un appel en faveur de l'organisation d'une telle primaire avait déjà été lancé dans Libération le 11 janvier, à l'initiative d'intellectuels et d'écologistes.

Qui est à l'origine de ce nouvel appel ? 

Le document, partagé par Le Parisien.fr, a été adopté au cours d'une réunion à l'Assemblée nationale des responsables de la motion B ("A gauche pour gagner"). Cette motion avait réuni 28,5% des suffrages au premier tour du Congrès de Poitiers en juin 2015. Environ 150 de ses membres étaient réunis samedi à l'Assemblée, selon leur chef de file, le député Christian Paul.

Que veulent les frondeurs ? 

"Nous appelons notre parti, le Parti socialiste, à s'engager (...) et à prendre dès maintenant toute sa part dans l'organisation des primaires citoyennes des gauches et des écologistes pour l'élection de 2017", affirme le texte.

Primaire pour 2017 : l'appel de l'aile gauche du PS publié par redacweb6352

Ce dernier souligne qu'une primaire serait l'occasion de "faire l'inventaire" du quinquennat, de produire "un grand événement démocratique", d'éviter la "multiplication des candidatures" au premier tour de la présidentielle et in fine l'effacement de la gauche et des écologistes.

Pour Christian Paul, la "décision collective du PS doit intervenir dans les deux mois qui viennent", compte tenu des délais d'organisation d'une primaire. "Si le PS fait mine de regarder ailleurs, il risque d'être rattrapé par le débat (...) Les candidatures se multiplieront (...) C'est aussi une question d'efficacité électorale", a-t-il souligné.

Quelle est la position du parti socialiste ?

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a quant à lui laissé la porte ouverte à une primaire, à condition qu'elle concerne tout le spectre politique "de [Emmanuel] Macron à Mélenchon". 

Qu'en pensent les autres formations de gauche ? 

Les dirigeants d'EELV et du PCF se sont d'ores et déjà prononcés en faveur d'une primaire.  Le Parti communiste organise à partir de lundi son premier "lundi de gauche - porte ouverte sur 2017" dans cette optique : personnalités, acteurs et actrices du monde associatif, syndical et politique, du monde de la culture et de la recherche sont conviés à y participer.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche, il a déclaré refuser a priori de participer à l'exercice. "Je ne veux pas être dans une primaire, car si François Hollande gagne la primaire, je ne respecterai pas le résultat et je n’appellerai pas à voter pour lui", a fait savoir le leader du Parti du gauche. A son intention, la motion B appelle donc samedi à ne pas laisser "à quiconque un droit de veto sur [ces] primaires. Chacun est libre d'y concourir. Mais nul ne saurait les empêcher".

Enfin, cette option semble plébiscitée par les sympathisants de gauche : selon plusieurs sondages, environ huit d'entre eux sur dix y sont favorables.

Quid du cas de François Hollande ?

Le président François Hollande n'a pour l'instant pas commenté les appels à l'organisation d'une primaire. Mais nombre de ses proches ont pointé l'incongruité que représenterait le fait pour un président en exercice de se soumettre à une telle compétition.

Pour eux, le chef de l'Etat est le "candidat naturel de la gauche". Le fait qu'il occupe actuellement l'Elysée le place au-dessus de la mêlée et lui éviterait un passage par la case primaire, pourtant prévu par les statuts du PS. "Comment organiser un débat de primaires entre le chef de l’Etat, engagé dans la lutte antiterroriste, pris entre un conseil européen et une visite d’Etat, d’une part, et des candidats écologiste, socialiste dissident et issu de la gauche radicale ? Inimaginable…", avait résumé Le Monde dès le 12 janvier. 

Des arguments qui ne convainquent pas le sociologue Michel Wieviorka, signataire de l'appel du 11 janvier et interrogé par francetv info quelques jours plus tard : "s'il y a une primaire de toutes les gauches, François Hollande devra y aller", assurait-il alors.