Cinq choses vues au grand rassemblement de Jean-Luc Mélenchon à Paris

Le candidat de la France insoumise organisait à Paris "une marche pour la VIe République". Selon les organisateurs, l'événement a réuni environ 130 000 personnes.

Un manifestant porte un masque de Jean-Luc Mélenchon, le 18 mars 2017, à Paris.
Un manifestant porte un masque de Jean-Luc Mélenchon, le 18 mars 2017, à Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)
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Clément ParrotFrance Télévisions

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Les organisateurs avaient promis "le plus grand rassemblement populaire de la campagne, tous candidats confondus"La marche "pour la VIe République" de Jean-Luc Mélenchon a réuni, samedi 18 mars, quelque 130 000 personnes, d'après le décompte de l'équipe du représentant de la France insoumise. Traditionnellement, la préfecture ne fournit pas de chiffre pour les rassemblements politiques.

Sous un ciel menaçant, les sympathisants de Jean-Luc Mélenchon ont mis deux heures pour parcourir les deux kilomètres qui relient la place de la Bastille à celle de la République. Ils se sont ensuite regroupés sur cette dernière pour écouter le discours du candidat à l'Elysée, qui a souhaité faire de ce rassemblement une démonstration de force à un peu plus d'un mois du scrutin. Voici cinq choses vues lors de ce grand rendez-vous.

1Des envies de "révolution citoyenne"

Entre les effluves de merguez, d'oignons grillés et de cannabis, il y avait comme un parfum de révolution dans le cortège. "Il y a un nouveau mot d'ordre qui est né après 'résistance', c'est 'dégagez'", a déclaré Jean-Luc Mélenchon à la tribune, en invitant ses militants à se servir des bulletins de vote en avril pour donner "un bon coup de balai". En ce jour anniversaire du début du soulèvement de la Commune de Paris, le candidat a exalté les envies de révolte. "La Révolution, c'est la France sublimée. Aujourd'hui, pour toute la Terre, la France s'appelle révolution", a d'ailleurs lancé le candidat en citant Victor Hugo en conclusion de son discours.

Entre deux chants de L'Internationale et quelques notes du Temps des Cerises, les militants ont pris le temps de scander des slogans réclamant la rupture : "On vote, ils dégagent", "Résistance""Fin de la monarchie présidentielle" ou encore "Si tu aimes Jean Jaurès quitte le PS". "Il s'agit de dégager la Constitution de la Ve République, de changer, de passer à autre chose", explique Claudine, une militante de 70 ans, qui brandit une pancarte "Du balai".

On fait peur aux gens en parlant d'une révolution avec le couteau entre les dents, mais il s'agit d'une révolution citoyenne avec une assemblée constituante pour une VIe République.

Claudine

à franceinfo

2Des communistes relégués en fin de cortège

Jean-Luc Mélenchon avait prévenu : les drapeaux des partis politiques ou des syndicats n'étaient pas les bienvenus à cette marche, "hors des partis". "Notre banderole, c'est Mélenchon", a ironisé un membre du service d'ordre interrogé par l'AFP. Résultat, les fanions rouges du PCF ont été relégués en fin de parcours, ce qui ne risque pas d'apaiser les tensions entre le candidat de la France insoumise et les communistes, déjà exacerbées par la question des prochaines législatives. "On le soutient jusqu'à la présidentielle car on est d'accord avec le programme, mais après il faudra voir", prévient Albert, un militant PCF interrogé par franceinfo.

Le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, a tout de même pris position dans le carré de tête aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, où il a vanté "un grand signal de mobilisation".

3Des Belges venus militer pour une "Wallonie insoumise"

Les quelque étendards du PCF étaient concurrencés par des drapeaux venus de différents pays ou régions du monde. Le Danemark, la Grèce, la Corse ou encore la Bretagne étaient ainsi représentés. Pas loin d'un drapeau berbère, une délégation de Belges était présente sous la bannière "Wallonie insoumise". "Il n'y a pas que chez vous que ça va mal, chez nous aussi, explique Annik, habitante de Namur. Il nous faut une internationale pour que les choses changent, pour que la vie s'améliore."

4Emile de "La Cité de la peur" en soutien

Avant l'arrivée de Jean-Luc Mélenchon, plusieurs personnalités sont venues apporter leur soutien au candidat de la France insoumise. L'acteur Sam Kermann, connu pour son rôle comique d'Emile le tueur dans La Cité de la peur, a lancé un appel aux partisans de Benoît Hamon à voter Jean-Luc Mélenchon car le PS n'est "plus un parti de gauche". De son côté, le public était plus occupé à lancer des répliques du film culte des Nuls qu'à écouter son discours.

L'écrivain Laurent Binet a ensuite lu des poèmes du Chilien Pablo Neruda, avant de laisser sa place au réalisateur Gérard Miller, auteur d'un récent documentaire sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier s'en est pris à ceux qui souhaitaient voter utile en glissant un bulletin Emmanuel Macron dans l'urne : "Le vote utile, c'est le degré zéro de la politique."

5Des militants découragés par la météo

Pas de grosse averse, mais les "Insoumis" ont été accompagnés d'un ciel gris et de quelques gouttes de pluie entre Bastille et République. Les rafales de vent se sont invitées dans le micro cravate de Jean-Luc Mélenchon pendant son discours. Des conditions qui ont découragé quelques sympathisants qui sont partis avant la fin du rassemblement. Le mauvais temps a au moins fait les affaires de quelques-uns : il était possible sur le parcours d'acheter un parapluie de la France insoumise pour trois euros.