Présidentielle : les marchés "font attention" aux "enjeux majeurs" pour l'avenir de la zone euro

L'annonce de l'alliance de François Bayrou et Emmanuel Macron pour la présidentielle a fait bouger les marchés financiers mercredi. Selon Laurence Boone, économiste chez Axa, ces derniers sont sensibles aux "enjeux majeurs" pour l'avenir de la zone euro.

La bourse de Paris, en août 2015. 
La bourse de Paris, en août 2015.  (ERIC PIERMONT / AFP)
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La Bourse de Paris a frémi mercredi à l'annonce de l'alliance entre François Bayrou et Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle. Le taux d'intérêt auquel la France emprunte sur dix ans pour rembourser sa dette a, lui, baissé.

"Les élections françaises ont peu d'impact sur les marchés", a expliqué jeudi 23 février sur franceinfo Laurence Boone, cheffe économiste chez Axa Investment Managers et spécialiste de la gestion d'actifs, mais "ils font attention parce qu'ils pensent qu'il y a des enjeux majeurs avec de possibles changements extrêmement importants pour l'ensemble de la zone euro." 

franceinfo : Les marchés financiers ont-ils fait leur choix pour la présidentielle ?

Laurence Boone : Je ne pense pas qu'on puisse dire que les marchés ont fait leur choix pour la présidentielle. Et traditionnellement, les élections françaises ont peu d'impact sur les marchés. 

Là, les marchés font attention parce qu'ils pensent qu'il y a des enjeux majeurs avec de possibles changements extrêmement importants pour l'ensemble de la zone euro.

Laurence Boone, économiste chez Axa

à franceinfo

En fait, le vrai sujet qu'on voit à travers ces mouvements de taux, c'est la perception qu'ont les marchés de l'avenir de l'Europe et de la zone euro. Ils évaluent les chances des partis qui ont des positions de sortie de la zone euro, le fameux 'Frexit', par rapport aux partis qui n'ont pas ces positions-là, et qui sont plutôt pro-intégration européenne. Le risque n'est pas uniquement français.

Certains accusent les marchés financiers d'imposer l'austérité à la zone euro. Est-ce un fantasme ?

Je crois effectivement que c'est de l'ordre du fantasme. Pendant toute la crise financière, la question posée était "Allez-vous continuer la construction européenne commencée après la Seconde Guerre mondiale ?" ou "Est-on en train d'assister à un événement et des tensions qui vont détricoter cette construction ?". En fait, ce que les marchés voulaient entendre c'était une direction forte, lancée par l'Europe ou par le couple franco-allemand, en terme d'union monétaire. Je ne pense pas que les marchés ont un réel pouvoir d'influence sur les décisions politiques, mais qu'à l'inverse, ils attendent du leadership politique pour savoir où les gens vont. Après, ils achètent, ou pas, en fonction de ce qu'on leur dit.

Sur quels éléments, sondages, programmes etc., se basent les investisseurs ?

Il y a des économistes, des analystes politiques et des analystes financiers. Ils regardent effectivement les programmes. Ce qui va les intéresser, c'est surtout sur les parties économique, financière et européenne. Ce qui est important pour les marchés, c'est d'avoir un sens de direction et un sens de stabilité.