Les cinq mesures polémiques des nouveaux maires FN

Quelques semaines après leur élection, certains maires soutenus par le parti de Marine Le Pen ont pris des décisions qui ne sont pas passées inaperçues.

Le maire de Béziers (Hérault), Robert Ménard, le 4 avril 2014.
Le maire de Béziers (Hérault), Robert Ménard, le 4 avril 2014. (SYLVAIN THOMAS / AFP)

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Arrêt des subventions à certaines associations, augmentation de leurs indemnités, annulation de commémoration, couvre-feu... Un mois après les municipales et leur arrivée à la tête de onze mairies, les nouveaux maires Front national ont pris des mesures controversées.

Francetv info a retenu cinq mesures qui ont fait polémique.

1A Béziers, un couvre-feu pour les moins de 13 ans

Robert Ménard, le maire de Béziers (Hérault) soutenu par le parti de Marine Le Pen, a décidé d'instaurer un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans. Cette mesure, en vigueur du 15 juin au 15 septembre, interdira à ces derniers de sortir non accompagnés entre 23 heures et 6 heures du matin, "dans un certain nombre de secteurs".

Le nouvel édile explique avoir constaté "qu'un nombre croissant de jeunes mineurs se trouvaient livrés à eux-mêmes en pleine nuit". Ils sont "ainsi exposés à des atteintes à leur intégrité physique et morale, notamment en cas de rassemblements nocturnes, de rixes ou de disputes, de trafics divers".

2A Hénin-Beaumont, la Ligue des droits de l'homme expulsée

L'une des mesures les plus emblématiques a été l'arrêt à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) de la subvention et de l'usage gratuit d'un local municipal dont bénéficiait la Ligue des droits de l'homme (LDH) "en toute illégalité", selon le maire Steeve Briois. L'association avait alors dénoncé sur francetv info "une décision de caporal autoritaire". A Mantes-la-Ville (Yvelines), les subventions aux associations, dont la LDH, vont toutes baisser. A Fréjus (Var), des "efforts" leur ont aussi été demandés.

Au Luc et à Cogolin, les indemnités des élus augmentées

Au Luc et à Cogolin (Var), les nouveaux maires ont augmenté leurs indemnités de fonction ainsi que celles de leurs adjoints. Une décision aussi légale que controversée, en période de difficultés budgétaires. "C'est plus symbolique que financier", avait expliqué le maire du Luc à francetv info.

Lors du conseil municipal, ce dernier s'était défendu en assurant que ses adjoints "touchent quand même moins qu'un étranger venant prendre sa retraite en France sans jamais y avoir travaillé". Une affirmation fausse à double titre : comme l'explique service-public.fr, l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) est de 791,99 euros par mois, contre 961,77 euros pour l'indemnité des adjoints du Luc. Et, pour la toucher, il faut avoir vécu dix ans en France avec un titre de séjour, être réfugié, apatride ou avoir combattu pour la France.

A l'inverse, le maire de Beaucaire (Gard), Julien Sanchez, a légèrement baissé les indemnités des élus. Côté impôts, la taxe d'habitation a baissé de 10% à Hénin-Beaumont. Des baisses plus modestes ont été votées à Villers-Cotterêts (Aisne) et à Beaucaire.

A Fréjus, le drapeau européen retiré

A Fréjus (Var), David Rachline a fait retirer le drapeau européen du fronton de la mairie. "Il a bien fait. Je trouve que c'est très sain que le drapeau français, et seul le drapeau français, flotte sur nos mairies", a déclaré Marine Le Pen, la présidente du parti, au Parisien. Sur 20minutes.fr, des habitants ont regretté "un repli sur soi de la ville, un reniement de la construction communautaire"

A Villers-Cotterêts, les commémorations de l'abolition de l'esclavage annulées

La municipalité de Villers-Cotterêts n'organisera pas de commémoration de l'abolition de l'esclavage, et s'est attiré les foudres des associations. Des collectifs de "vigilance" associatifs et citoyens ont d'ailleurs été créés dans plusieurs villes FN.