Résultats législatives : Les Républicains et l'UDI, qui comptaient 225 députés, n'en ont plus que 137

Après une campagne difficile, la droite républicaine subit une lourde défaite et peinera à peser dans les débats au sein de la prochaine Assemblée.

Francois Baroin avec Daniel Fasquelle et Christian Jacob, le 30 mai 2017, lors d\'une rencontre avec la Fédération nationale des chasseurs, à Issy-Les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).
Francois Baroin avec Daniel Fasquelle et Christian Jacob, le 30 mai 2017, lors d'une rencontre avec la Fédération nationale des chasseurs, à Issy-Les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). (HAMILTON / REA)
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Clément ParrotFrance Télévisions

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La claque est douloureuse pour Les Républicains et leurs alliés. La droite républicaine obtiendrait 137 sièges lors du second tour des élections législatives, dimanche 18 juin. L'alliance LR-UDI-DVD n'est pas parvenue à redresser la barre après les mauvais scores du premier tour. Un résultat plus que décevant pour une force politique qui espérait encore, il y a quelques mois, prendre les commandes du pays.

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Quel était l'objectif ?

Les Républicains et l'UDI ont entamé la campagne en affirmant vouloir obtenir la majorité pour imposer une cohabitation à Emmanuel Macron. Ils ont revu leurs ambitions au fil de la campagne et des mauvais sondages, mais espéraient toujours, à la veille du premier tour, peser dans la future Assemblée. Dans l'entre-deux-tours, après avoir acté leur défaite, ils ont tenté d'appeler leurs électeurs à un sursaut, afin de ne pas donner une majorité trop large à Emmanuel Macron.

Quel est le résultat obtenu ?

Avec 137 députés, non seulement ils sont très loin de leurs objectifs initiaux, mais surtout ils perdent environ la moitié de leurs députés par rapport aux 225 parlementaires de l'Assemblée sortante. Selon les résultats définitifs, LR obtient 113 sièges, l'UDI 18 et les divers droite 6. Face aux 350 députés de La République en marche et du MoDem, la droite républicaine devrait donc avoir du mal à exister dans la future majorité.

Le groupe pourrait même être amené à se réduire, avec une possible division entre les députés partisans d'une opposition ferme et ceux qui souhaitent répondre à la main tendue d'Emmanuel Macron. Thierry Solère a reconnu qu'une séparation n'était pas à exclure. Dans tous les cas, il s'agit du plus faible résultat obtenu en nombre de sièges pour la droite sous la Ve République.

Quels sont les résultats des principaux ténors ?

Avec 61,77% des voix, Christian Jacob (4e circonscription de Seine-et-Marne) est victorieux face à Emmanuel Marcadet (38,23%), le candidat de La République en marche. Dans la 4e circonscription de l'Oise, l'ancien ministre Eric Woerth perd se sauve de justesse avec 51,98% des voix, derrière Stéphanie Lozano, candidate de La République en marche et ancienne socialiste (48,02%). 

Dans la 9e circonscription des Hauts-de Seine, Thierry Solère garde son siège avec 56,53% des voix, devant sa rivale de droite également encartée Les Républicains, Marie-Laure Godin (43,47%). Dans la 1re circonscription des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti respire après avoir obtenu 56,21% des voix, devant la candidate LREM Caroline Reverso-Meinietti (43,79%). Dans la 2e circonscription de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet quitte l'Assemblée (45,47%), battue par Gilles Le Gendre, le candidat de La République en marche (54,53%).

Comment a réagi le parti ?

François Baroin, chef de file de la campagne des Républicains, a fait une déclaration peu après 20 heures depuis le siège parisien de LR. Il s'est consolé en évoquant "la constitution d'un groupe suffisamment important pour faire entendre [les] convictions" de la droite. Il a ainsi proclamé son parti comme la "première force d'opposition sur les bancs de l'Assemblée nationale"

Quel avenir pour Les Républicains ?

Avec 88 députés en moins, le parti Les Républicains va rencontrer un premier problème de taille, celui de son financement. Déjà très endetté à hauteur de 50 millions d'euros, le parti de droite pourrait perdre autour de 4 millions d'euros sur les 13,4 millions de financement public perçus en 2016.

Avec une possible scission du groupe LR à l'Assemblée, l'avenir même du parti est en jeu après ces élections législatives. Il risque d'être tiraillé entre les modérés Macron-compatibles et son aile droite. La ligne risque d'être tranchée après une bataille entre deux individualités pour le leadership du parti : Laurent Wauquiez (président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, partisan d'une ligne conservatrice et identitaire) et Xavier Bertrand (président de la région Hauts-de-France et favorable à une droite plus modérée).