Législatives : six candidats d'En marche ! qui ont suscité la controverse

Le parti d'Emmanuel Macron se veut exemplaire sur les questions de probité, mais plusieurs de ses candidats ont été mis en cause récemment. 

Des panneaux électoraux pour les législatives, le 27 mai dans le village de Montbrun-Lauragais (Haute-Garonne).
Des panneaux électoraux pour les législatives, le 27 mai dans le village de Montbrun-Lauragais (Haute-Garonne). (ERIC CABANIS / AFP)
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La procédure de recrutement des candidats En marche !, qui se voulait irréprochable, connaîtrait-elle des ratés ? Au-delà des cas emblématiques des ministres Richard Ferrand, qui vise sa réélection dans la 6e circonscription du Finistère, ou de Marielle de Sarnez, qui se présente à Paris (11e circonscription), certains candidats aux législatives investis par le parti d'Emmanuel Macron ont été mis en cause pour des pratiques ou des paroles jugées douteuses. Passage en revue de ces aspirants, contestés, à la députation.

Un candidat accusé de posséder un compte non déclaré à Hong Kong

Ce qu'on lui reproche : Laurent Zameczkowski, candidat LREM sur la 6e circonscription des Hauts-de-Seine, posséderait un compte à Hong Kong non au déclaré, selon les informations du Point. Le candidat, bien placé pour devenir député, assure qu'il s'agit d'un compte professionnel et qu'il n'a pas encore pris le temps de le déclarer : "Je suis peut-être 'border', mais je suis de bonne foi. J'ai ouvert le compte en 2012, mais je ne l'ai pas déclaré, car il n'y avait aucune activité dessus."

Ce qu'a décidé En marche ! : pour l'instant le mouvement En marche ! n'a pas réagi à ces informations.

Une candidate accusée d'avoir falsifié un diplôme

Ce qu'on lui reproche : La candidate du parti d'Emmanuel Macron dans la 2e circonscription du Nord, Houmria Berrada, est soupçonnée d'avoir, par le passé, falsifié un diplôme de droit, pour entrer à l'école d'avocats de Lille.

Selon le quotidien La Voix du Nord, elle a même été condamnée, en 2011, à huit mois de prison avec sursis pour "faux et usage de faux documents administratifs". Mais la candidate dément, vendredi 2 juin, sur France Bleu Nord les accusations dont elle fait l'objet et dénonce une "machination".

Ce qu'a décidé En marche ! : Impossible de savoir si La République en marche a pris une décision sur son cas. Les instances nationales et départementales de La République en marche n'ont pas donné suite aux demandes de France Bleu Nord.

Une élue auditionnée après une plainte pour "prise illégale d'intérêts"

Ce qu'on lui reproche : La candidate de La République en marche, dans la 2e circonscription de l'Hérault, Stéphanie Jannin, a été entendue le 23 mai par la police judiciaire à Montpellier. La 2e adjointe à la mairie de Montpellier était convoquée pour une audition dans le cadre d'une plainte déposée en 2016 pour "prise illégale d'intérêts", explique France 3 Occitanie. Elle est mise en cause pour la construction de 63 logements sociaux sur la colline Las Rébès par l'association Les Enfants de la Colline qui entendaient défendre cet espace vert, selon Midi Libre.

La plainte laisse entendre que Stéphanie Jannin aurait pesé sur le dossier de construction de logements sociaux, une fois élue conseillère municipale, alors qu'elle avait participé à la conception du projet pour le bailleur social ACM comme architecte. L'élue a précisé à Midi Libre qu'elle n'avait pas été mise en examen à l'issue de cette audition.

Ce qu'a décidé En marche ! : Le mouvement ne s'est pas saisi de ce cas, pour lequel il n'y a pas de mise en examen.

Une candidate accusée d'avoir loué un logement insalubre

Ce qu'on lui reproche : Candidate de La République en marche dans la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis, Véronique Avril est accusée par Mediapart d'avoir mis en location un appartement dans un immeuble insalubre durant cinq ans, à "un tarif exorbitant". Selon l'enquête du site, elle a acheté pour 70 000 euros, en 2011, un appartement de 23 m2 à Saint-Denis, dans un immeuble insalubre "classé en état de péril imminent". Elle a loué son bien "à une famille de cinq personnes", pour "650 euros (charges comprises)" par mois, alors que l'état de péril imminent prévoit que les locataires ne règlent aucun loyer.

Véronique Avril assure que "la mairie avait dit qu'elle procédait aux travaux" nécessaires pour lever l'arrêté de péril imminent, ce qui n'a pas été le cas. Elle ajoute que depuis trois ans, elle ne touche plus le loyer réclamé pour cet appartement. "La famille locataire ne voulait pas partir. Ils ont été violents, ont changé la serrure. Je m'estime victime", plaide la candidate.

Ce qu'a décidé En marche ! : Le parti précise par communiqué que "la candidate n'a pas été condamnée et, qu'à ce jour, aucune plainte n'a été déposée contre elle. (...) Néanmoins, dès qu'elle en a été informée, La République en marche a saisi le comité d'éthique qui statuera dans les meilleurs délais sur la situation de Mme Avril", ajoute le parti fondé par Emmanuel Macron.

Un candidat qui qualifiait l'homosexualité d'"abomination"

Ce qu'on lui reproche : Dans une vidéo de 2012 dénichée par Streetpress, Olivier Serva, candidat aux législatives dans la 1re circonscription de Guadeloupe pour La République en marche, qualifie l'homosexualité d'"abomination". "Pour le chrétien que je suis, quand je lis la Bible, le Deutéronome, il est écrit que quand un homme couche avec un homme ou qu'une femme couche avec une femme, c'est une abomination", développe-t-il dans le cadre d'un débat sur le mariage pour tous diffusé par la chaîne Guadeloupe 1ere.

Contacté par franceinfo, Olivier Serva est un peu embarrassé par cette archive. "Ces propos sont sortis de leur contexte. Il y a cinq ans, nous étions en plein débat sur la loi pour le mariage pour tous, raconte celui qui était alors président du mouvement politique local Eko Zabym. A l'époque, j'avais fait valoir mes convictions." Depuis, "de l'eau a coulé sous les ponts. La loi est passée, je respecte le mariage pour tous, assure-t-il, avant de lâcher. Je n'ai jamais été homophobe".

Ce qu'a décidé En marche ! : Après la parution de l'article sur StreetPress, La République en Marche a précisé le 31 mai à l'AFP avoir "été informée aujourd'hui" de ce fait. Le parti affirme que son conseil d'administration s'est "immédiatement saisie de ce cas et entendra le candidat dans les plus brefs délais". Après étude di dossier, le mouvement fondé par emmanuel macron a décidé de maintenir sa confiance à Olivier Serva.

Un candidat visé par une enquête pour "harcèlement moral"

Ce qu'on lui reproche : Romain Grau, candidat LREM dans la première circonscription des Pyrénées-Orientales, est visé par une enquête pour "harcèlement moral" après une dénonciation anonyme, selon France Bleu Roussillon. Ce camarade de promotion d'Emmanuel Macron à l'ENA est directeur général d'EAS Industries, entreprise spécialisée dans la maintenance aéronautique à l'aéroport de Perpignan.

Sur plus de 250 employés, au moins 10% sont en arrêt maladie, notamment pour surmenage.Joint par France Bleu, le candidat dit réagir "par l'étonnement. Aujourd'hui, cette entreprise, c'est 250 salariés. Pour 250 salariés depuis trois ans, nous avons eu deux litiges prudhommaux". Le candidat ajoute ne pas avoir été informé de l'ouverture d'une enquête.

Ce qu'a décidé En marche ! : pour l'instant le mouvement En marche ! n'a pas réagi à ces informations.