INFO FRANCEINFO. Elections législatives : deux députés sur trois veulent se représenter

Selon notre enquête, 486 députés sortants ont déjà décidé de briguer ou non un nouveau mandat aux prochaines législatives. Parmi eux, au moins 118 préfèrent céder leur fauteuil.

Une séance de questions au gouvernement à l\'Assemblée nationale, le 28 septembre 2016.
Une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 28 septembre 2016. (HAMILTON / REA)
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Marie GentricBastien HuguesFrance Télévisions

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Il ne faudra pas vraiment compter sur l'aide des députés pour contribuer au renouvellement de l'Assemblée nationale. A six mois des élections législatives, au moins deux élus sortants sur trois ont bien l'intention de garder leur fauteuil au palais Bourbon, en briguant un nouveau mandat, selon notre enquête, publiée jeudi 5 janvier.

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Pour l'instant, seuls 118 élus comptent céder leur fauteuil

D'après notre enquête, 486 députés sortants ont déjà fait leur choix (sur 572 élus, cinq sièges étant vacants). Parmi eux, au moins 368 souhaitent briguer un nouveau mandat (64%), quand 118 préfèrent passer la main (21%). En revanche, 86 hésitent encore (15%), et préfèrent attendre un peu avant d'annoncer leur décision.

Au sein du Parti socialiste, la grande désertion

Ces chiffres masquent de fortes disparités selon les partis politiques. Au moins 79 députés socialistes (sur les 288 que compte le groupe PS) ne brigueront pas de nouveau mandat. La proportion – proche des 30% – est élevée, et pourrait gonfler encore un peu plus lorsque les derniers indécis auront annoncé leur choix.

"S'il y avait une perspective de victoire, il y en aurait moins qui ne se représentent pas", estime Gilles Savary, député de Gironde, interrogé par franceinfo. "Quand on va sortir de la tranchée en juin, ce sera le Chemin des Dames", redoute un élu sous couvert d'anonymat.

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La peur d'une bérézina du PS ? Pas seulement. Entrée en vigueur de la loi limitant le cumul des mandats, déception quant à la réalité du travail de député, changement de génération et d'état d'esprit vis-à-vis de la politique... Certains parlementaires préfèrent s'arrêter dès la fin de leur premier mandat. C'est notamment le cas d'élus relativement jeunes, comme les socialistes Laurent Grandguillaume (38 ans) ou Sébastien Pietrasanta (39 ans).

A droite, la grogne contre le non-cumul

Du côté du parti Les Républicains, les députés semblent davantage motivés à l'idée de garder leur siège. Pour l'instant, seuls 24 membres du groupe (12%) ont annoncé qu'ils ne repartaient pas au combat. Mais 40 n'ont pas encore fait part de leur décision. Et pour cause, 31 d'entre eux cumulent actuellement leur mandat législatif avec un exécutif local, et devront faire un choix d'ici au mois de juin. 

"Cette loi va créer des députés hors-sol, sans expérience de terrain. Ils produiront des textes qui ne tiennent pas compte des réalités", tempête Jean-Jacques Guillet, député-maire de Chaville (Hauts-de-Seine), interrogé par franceinfo. "C'est une loi inique, une attaque en règle contre les maires", abonde Bernard Perrut, député-maire de Villefranche (Rhône).

Pour l'instant, François Fillon a choisi de rester sourd à ces arguments et répète qu'il ne reviendra pas sur cette loi s'il est élu à l'Elysée. Certains vont donc devoir se résoudre à faire un choix. Comme le député-maire de Reims (Marne), Arnaud Robinet, qui quittera l'Assemblée en juin. "Je pense que cette loi est une erreur, mais François Fillon a décidé de ne pas revenir dessus. Je resterai donc maire de Reims", indique-t-il à franceinfo.

Partout, des vétérans qui s'accrochent

Heureusement pour certains, aucune loi ne limite en revanche le cumul des mandats dans le tempsLes socialistes Gérard Bapt et Claude Bartolone, respectivement élus pour la première fois à l'Assemblée nationale en 1978 et en 1981, brigueront tous les deux un neuvième mandat ! "La fédération voulait imposer un candidat qui était une machine à perdre. Du coup, de nombreux élus socialistes de ma fédération m'ont supplié d'être candidat", assure le premier, interrogé par franceinfo. 

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Quant aux Républicains Lucien Degauchy (Oise), Bernard Brochand (Alpes-Maritimes) et Jean-Claude Mathis (Aube), ils pourraient bien devenir les doyens d'âge de l'hémicycle. A 79, 78 et 77 ans, ils seront tous les trois candidats à leur succession. "Il n'y a qu'en France où l'âge des dirigeants est vu comme un problème, balaye Alain Marleix, député LR du Cantal, qui briguera à 71 ans un sixième mandat. On peut être un très bon député à 70 ans et un très mauvais à 30 ans."

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