Gilbert Collard : le retrait de Marion Maréchal-Le Pen "n'a rien d'une désertion, ce brave Jean-Marie ferait bien de raccrocher son béret de para"

Le député apparenté Front national Gilbert Collard est revenu sur franceinfo sur le retrait "temporaire" de la vie politique de Marion Maréchal-Le Pen, qualifié de "désertion" par Jean-Marie Le Pen.

Gilbert Collard dans le studio 221 de Radio France
Gilbert Collard dans le studio 221 de Radio France (Jean-Christophe Bourdillat / Radio France)
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Quelques jours après la défaite de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, a annoncé son retrait de la vie politique pour "quelque temps". La benjamine de l'Assemblée nationale a expliqué qu'elle souhaitait "travailler" dans "le monde de l'entreprise" et "consacrer plus de temps" à sa vie familiale.

Pour le député apparenté Front national Gilbert Collard, invité mercredi 10 mai de franceinfo, les "divergences d'opinions" de Marion Maréchal-Le Pen avec sa tante "ne sont pas du tout à l'origine de son départ". Elle avait, selon lui, "envie de passer à une autre vie".

franceinfo : Jean-Marie Le Pen a accusé Marion Maréchal Le Pen de "déserter" le Front national en pleine campagne des législatives. Qu'en pensez-vous ?

Gilbert Collard : Ce brave Jean-Marie ferait bien de raccrocher son béret de para ou son casque à pointe au porte-manteau des formules. Cela n'est nullement une désertion. Moi, j'ai vécu à l'Assemblée pendant cinq ans aux côtés de Marion. Je l'ai vue dans ses difficultés avec sa fille. J'ai même été obligé, une fois, de monter à la tribune à sa place parce qu'elle avait reçu un coup de fil lui disant que sa fille était malade et qu'il fallait qu'elle parte d'urgence. Je l'ai vue au petit matin qui n'avait pas dormi parce que sa fille avait une rage de dents. J'ai donc vécu les problèmes de maman qu'elle avait sa fille.

Ce n'est pas compatible avec une vie politique ?

Tout dépend de l'intensité d'amour qu'on a pour ses enfants.

Au soir du second tour elle s'est exprimée assez franchement sur ce qu'elle estime être un échec de la fin de campagne de Marine Le Pen…

Il y avait, non pas une divergence, mais des discussions autour du programme. Marion s'était clairement exprimée sur ses opinions. Moi aussi, du reste, ce qui ne m'a empêché de mener loyalement la campagne. Je ne crois pas, franchement, que ce sont ses divergences d'opinions qui sont à l'origine de son départ, momentané à mon avis. Dans la vie, on ne part jamais vraiment tant qu'on est là.

Ce départ n'affaiblit-il pas le FN dans la campagne des législatives ?

Un seul être vous manque et tout n'est pas dépeuplé ! Moi, je regrette le départ de Marion parce que je l'aime beaucoup. C'est affectif. Elle s'est engagée à mener la campagne, à être à nos côtés, à être présente auprès des candidats. Je crois que les électeurs et les électrices vont comprendre, surtout les femmes qui ont des bébés et qui savent combien c'est prenant. (…) C'est vrai qu'on aurait préféré qu'elle ne parte pas maintenant, mais c'est le moment des élections, donc c'est le moment honnête pour dire qu'elle a envie de passer à une autre vie. Comment ne pas comprendre qu'elle ait le désir de conduire une vie plus concrète dans l'entreprise, de se former à d'autres choses ? Elle est jeune, elle a le temps. Je peut comprendre qu'à 29 ans on ait envie d'une autre existence, de respirer un autre air, peut-être aussi. L'air de la politique n'est pas toujours très bon pour les poumons, surtout les jeunes poumons.