Après les législatives, qui pour présider l'Assemblée nationale ?

Plusieurs personnalités, de gauche comme de droite, sont pressenties pour accéder au perchoir, le 27 juin.

Le successeur de Claude Bartolone sera élu mardi 27 juin par les 577 nouveaux députés lors de la séance inaugurale.
Le successeur de Claude Bartolone sera élu mardi 27 juin par les 577 nouveaux députés lors de la séance inaugurale. (MARTIN BUREAU / AFP)
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Ilan CaroFrance Télévisions

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Les élections législatives à peine passées, l'Assemblée nationale va se chercher un nouveau président. Le successeur de Claude Bartolone sera élu, mardi 27 juin, par les 577 nouveaux députés lors de la séance inaugurale.

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Quatrième personnage de l'Etat, le président de l'Assemblée nationale joue un rôle incontournable dans l'organisation du travail parlementaire et dirige les débats lors des séances publiques. La Constitution lui confère, par ailleurs, le pouvoir de nommer trois des neuf membres du Conseil constitutionnel. Les noms de plusieurs personnalités circulent pour s'emparer de ce poste prestigieux. Tour d'horizon des principaux favoris pour le perchoir.

Thierry Solère

Thierry Solère au quartier général du candidat à l\'élection présidentielle Les Républicains, François Fillon, à Paris, le 13 janvier 2017.
Thierry Solère au quartier général du candidat à l'élection présidentielle Les Républicains, François Fillon, à Paris, le 13 janvier 2017. (MAXPPP)

Qui est-ce ? Député Les Républicains des Hauts-de-Seine depuis 2012, Thierry Solère, 45 ans, s'est fait connaître du grand public en 2016 pour avoir présidé la commission d'organisation de la primaire de la droite.

Ses atouts. Désigner Thierry Solère président de l'Assemblée nationale permettrait à Emmanuel Macron de créer encore un peu plus la zizanie au sein de la droite. Avec une telle nomination, une scission du groupe LR deviendrait quasi inévitable. Applaudi pour son organisation réussie de la primaire de la droite, il n'a jamais caché son intention de vouloir travailler en bonne intelligence avec le nouveau chef de l'Etat.

Ses faiblesses. Relativement peu influent au sein de sa famille politique, il ne dispose pas d'une énorme expérience au plus haut niveau. Avec un seul mandat de député à son actif, il n'a jamais occupé de fonctions gouvernementales.

Laure de La Raudière

La députée LR, Laure de la Raudière, lors d\'une séance de questions au gouvernement à l\'Assemblée nationale à Paris, le 22 novembre 2016.
La députée LR, Laure de la Raudière, lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, le 22 novembre 2016. (MAXPPP)

Qui est-ce ? Proche de Bruno Le Maire, Laure de La Raudière est députée des Républicains dans l'Eure-et-Loir depuis 2007.

Ses atouts. La nomination de cette femme de 52 ans, spécialiste du numérique, pourrait dépoussiérer l'image un peu vieillotte de l'institution. Bonne connaisseuse de l'Assemblée nationale, elle a notamment présidé, lors de la dernière législature, une mission d’information sur la simplification législative.

Ses faiblesses. Souvent dans l'ombre de Bruno Le Maire, Laure de La Raudière ne dispose pas d'un poids politique suffisant pour drainer derrière elle des hordes de députés Les Républicains à convertir au macronisme.

François de Rugy

L\'ancien candidat à la primaire de la gauche, François de Rugy, à Nantes (Loire-Atlantique), le 16 janvier 2017.
L'ancien candidat à la primaire de la gauche, François de Rugy, à Nantes (Loire-Atlantique), le 16 janvier 2017. (MAXPPP)

Qui est-ce ? Ancien candidat à la primaire de la gauche, l'écologiste François de Rugy, 43 ans, a quitté le parti Europe Ecologie-Les Verts en 2015 pour fonder le Parti écologiste.

Ses atouts. Jeune et dynamique, il a crevé l'écran lors des débats de la primaire de la gauche, en janvier. Il est, en outre, un très bon connaisseur des arcanes du palais Bourbon, puisqu'il a coprésidé le groupe écologiste avec Barbara Pompili et occupé brièvement un poste de vice-président de l'Assemblée. Soutien d'Emmanuel Macron depuis le mois de février, il a été réélu député de Loire-Atlantique, sous l'étiquette de La République en marche.

Ses faiblesses. Malgré sa bonne campagne, son faible score à la primaire de la gauche (3,82%) relativise son poids politique. Il s'est par ailleurs attiré de nombreuses critiques en reniant son engagement de soutenir le vainqueur de la primaire, Benoît Hamon.

Barbara Pompili

L\'ancienne secrétaire d\'Etat chargée de la Biodiversité, Barbara Pompili en déplacement à Lyon (Rhône), le 7 novembre 2016.
L'ancienne secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité, Barbara Pompili en déplacement à Lyon (Rhône), le 7 novembre 2016. (FRANCK CHAPOLARD / CITIZENSIDE / AFP)

Qui est-ce ? Secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité de février 2016 à mai 2017, Barbara Pompili, 42 ans, a été réélue députée de la Somme sous l'étiquette de La République en marche.

Ses atouts. Jeune et ambitieuse, l'ancienne membre d'Europe Ecologie-Les Verts bénéficie d'une bonne connaissance de l'Assemblée, où elle a coprésidé le groupe écologiste, et d'une (courte) expérience ministérielle.

Ses faiblesses. Son passé à EELV et sa participation au gouvernement sous François Hollande pourraient rebuter la frange droite de la majorité.

Brigitte Bourguignon

La députée socialiste Brigitte Bourguignon, le 26 juin 2012 à l\'Assemblée nationale.
La députée socialiste Brigitte Bourguignon, le 26 juin 2012 à l'Assemblée nationale. (MAXPPP)

Qui est-ce ? Brigitte Bourguignon, 58 ans, est une députée socialiste sortante, réélue dans le Pas-de-Calais sous l'étiquette La République en marche.

Ses atouts. Sa nomination récompenserait une députée discrète et sérieuse, qui n'a jamais cherché à se mettre en avant. "Je suppose qu’on a regardé les chiffres du premier tour, la présence à l’Assemblée, la proximité territoriale, une personnalité de gauche..." déclarait-elle il y a quelques jours à La Voix du Nord, elle-même surprise de voir son nom cité pour le poste.

Ses faiblesses. Ralliée tardivement à Emmanuel Macron (entre les deux tours de la présidentielle), elle est loin d'être une macroniste de la première heure.

Richard Ferrand

Le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, lors d\'un meeting de campagne à Telgruc-sur-Mer (Finistère), le 2 juin 2017.
Le ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand, lors d'un meeting de campagne à Telgruc-sur-Mer (Finistère), le 2 juin 2017. (FRED TANNEAU / AFP)

Qui est-ce ? Richard Ferrand, 54 ans, est secrétaire général du parti En marche ! et ministre de la Cohésion des territoires. L'ancien socialiste a été réélu dans sa circonscription du Finistère.

Ses atouts. Membre du cercle rapproché d'Emmanuel Macron, il a été un rouage essentiel de sa campagne présidentielle victorieuse. Lui confier le perchoir permettrait au président d'exfiltrer de son gouvernement ce ministre qui se retrouve au cœur d'une affaire immobilière.

Ses faiblesses. Nommer président de l'Assemblée un député touché par une affaire et des soupçons de conflits d'intérêts pourrait donner une mauvaise image de l'institution dans l'opinion publique.