Le Pen se justifie après ses propos sur le virus Ebola pour "régler" l'immigration

Avant un meeting à Marseille, le président d'honneur du FN a abordé avec des journalistes la question de "l'explosion démographique dans le monde".

Le président d'honneur du FN, Jean-Marie Le Pen, lors d'un meeting à Marseille, le 20 mai 2014.
Le président d'honneur du FN, Jean-Marie Le Pen, lors d'un meeting à Marseille, le 20 mai 2014. (FRANCK PENNANT / AFP)

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"Il va sans dire que je ne souhaite en rien la propagation du virus Ebola." Dans un communiqué publié mercredi 21 mai, Jean-Marie Le Pen revient sur ses propos de la veille. A quelques jours des élections européennes, sa sortie n'est pas passée inaperçue. Le président d'honneur du FN, lors d'une discussion où il parlait de "l'explosion démographique" dans le monde, a lancé à Marseille : "Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois", en référence au virus mortel qui sévit cette année encore en Afrique.

Face au tollé provoqué par ces propos, il a également expliqué, mercredi à Valence (Drôme), que ces déclarations relevaient d'une simple "observation" démographique. Le virus Ebola est, selon lui, une "maladie terrible". "Comme les guerres nucléaires ou internes, il est de nature à modifier cette évolution [démographique] qui en elle-même est catastrophique", a ajouté Jean-Marie Le Pen lors d'une conférence de presse. Dans son communiqué, il précise : "Je ne souhaite en rien la propagation du virus Ebola, ce dernier n’ayant d’ailleurs que faire de mes souhaits, mais risque fort en revanche de trouver dans le mondialisme triomphant un terrible vecteur de diffusion."

"Dans certains pays à forte croissance démographique comme le Nigeria, malheureusement il n'y aura pas de quoi les nourrir", a aussi fait valoir le président du FN devant la presse. S'agit-il d'un dérapage ? "Non", a rétorqué le président d'honneur du FN. "Cette phrase n'a pas de portée particulière, c'est une observation."

Des propos "inadmissibles", pour Le Foll

La phrase sur le virus Ebola avait été entendue par deux journalistes de l'AFP alors que Jean-Marie Le Pen discutait avec le maire FN de Cogolin (Var), Marc-Etienne Lansade, lors d'un cocktail de presse. Il évoquait alors la teneur de son discours prévu une heure plus tard au Palais de l'Europe du parc Chanot, dans la cité phocéenne.

Pour le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, ces propos sont "inadmissibles" et montrent que le Front national "n'a pas changé".