Parité en politique : il y a davantage de femmes, mais elles sont rarement présidentes

Selon un rapport du Haut Conseil à l’égalité, publié jeudi, la parité est enfin atteinte dans les assemblées politiques locales. Sauf que les hommes continuent d'occuper les postes de pouvoir.

Le 96e congrès des maires de France au parc des expositions de Paris, le 21 novembre 2013.
Le 96e congrès des maires de France au parc des expositions de Paris, le 21 novembre 2013. (MAXPPP)
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C'est un petit événement dans la vie politique française. Pour la première fois, il y a autant de femmes que d'hommes dans nos mairies, nos départements ou nos régions. Mais derrière les chiffres, il existe une autre réalité : les fauteuils de président ou de décisionnaires sont encore largement occupés par les hommes. C'est ce qui ressort du rapport (PDF) du Haut Conseil à l’égalité (HCE), remis jeudi 2 février à la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol. Franceinfo vous résume ce qu'il faut en retenir.

La parité enfin respectée

La loi sur la parité de mai 2013, qui permet d’élire en même temps un homme et une femme dans un canton, semble avoir porté ses fruits. Résultat, pour la première fois, les conseillères départementales occupent la moitié des sièges des assemblées et des bureaux.

Plus globalement, la part des femmes dans les différentes assemblées locales a augmenté partout. Entre 1992 et 2015, elle est passée de 5,6% à 50,1% dans les conseils départementaux et de 11,9% à 47,9% dans les conseils régionaux. Selon les données du HCE, la part de femmes au sein des conseils municipaux des communes de plus de 1 000 habitants s'établissait en 2015 à 48,2%, contre 21,7% en 1995.

Encore beaucoup de présidents, peu de présidentes 

Dans le rapport, présidé par la socialiste Danielle Bousquet, on apprend aussi que les fauteuils décisionnaires sont encore très largement une affaire masculine. Les hommes représentent aujourd'hui 90,1% des présidents des conseils départementaux, et 92,3% des conseils communautaires.

Ce n'est pas beaucoup mieux pour les régions. Elles sont présidées à 83,3% par des hommes. Seules trois régions ont une femme à leur tête : Valérie Pécresse en Ile-de-France, Marie-Guite Dufay en Bourgogne-Franche-Comté, et Carole Delga en Occitanie.

Surtout, quand on y regarde de plus près, 57 des 101 départements ont un tandem président/premier vice-président exclusivement masculin. C'est aussi le cas dans 11 des 18 régions. En clair, pour trouver le seul tandem 100% féminin, il faut aller dans le Doubs.

Les femmes à la jeunesse, les hommes aux finances 

En creusant encore, on s'aperçoit que l'attribution des délégations de vice-présidence n'échappe pas à quelques stéréotypes. En clair, les femmes héritent facilement de la jeunesse et de la famille, quand les hommes récupèrent les finances et le développement économique. En juin 2015, franceinfo avait d'ailleurs révélé dans une enquête que le sexisme régnait toujours en maître dans les conseils départementaux.

>> A lire aussi : comment les femmes sont écartées des dossiers financiers et économiques

Les trois recommandations du rapport

Pour que la parité ne s'arrête plus "aux portes du pouvoir", le rapport met quelques idées sur la table. D'abord, il souhaite aller plus loin dans la limitation du cumul des mandats, "cela permettrait de libérer des places pour les femmes investies en politiques".

Ensuite, il exige que les intercommunalités soient à leur tour concernées par la loi sur la parité, ce qui n'est pas le cas actuellement. Le rapport du HCE qualifie d'ailleurs les intercommunalités de véritable "zone de non-droit paritaire", où l'on compte "moins d’un tiers de conseillères".

Enfin, le rapport demande la mise en place de tandems hommes-femmes à la tête de tous les exécutifs : un duo président/premier vice-président dans les régions, un duo maire-premier adjoint dans les communes. Avec pour objectif d'obtenir que "les femmes ne demeurent pas en bas de la hiérarchie".