Bidonvilles et squats : " Il faut que les candidats à la présidentielle soient courageux", estime le collectif Romeurope

Le collectif national des droits de l'Homme Romeurope a publié, jeudi, un rapport à l'attention des candidats à l'élection présidentielle pour favoriser l'insertion des personnes marginalisées. 

Des enfants de la communauté Roms à la Courneuve, en Seine-Saint-Denis, le 14 août 2015.
Des enfants de la communauté Roms à la Courneuve, en Seine-Saint-Denis, le 14 août 2015. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)
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Le collectif national des droits de l'Homme Romeurope a envoyé, jeudi 16 février, un rapport à tous les candidats à la présidentielle. Il s'agit de 20 propositions pour permettre une politique d'inclusion "des personnes vivant dans des bidonvilles et squats", explique sur franceinfo ce vendredi, l'un des représentants du collectif, François Loret. Il demande de vraies "politiques publiques" en la matière et que les candidats à la présidentielle "soient courageux".

franceinfo : Dans votre rapport, vous dîtes qu'il en va de la dignité de 15 000 à 20 000 personnes. D'où viennent-elles ?

François Loret : Elles viennent essentiellement de la Roumanie et la Bulgarie et sont installées un peu partout en France, majoritairement autour des grosses agglomérations. Elles vivent dans des conditions qui ne sont pas satisfaisantes. La plupart du temps dans des bidonvilles et des squats. Les politiques publiques, en la matière, aujourd'hui sont principalement orientées vers l'expulsion. Quand il y a un semblant de stabilité dans les bidonvilles, arrive l'avis d'expulsion. Les gens se retrouvent à la rue ou, au mieux, pris dans un hôtel social. Le problème, c’est que lorsqu'ils avaient pu scolariser les enfants, la scolarité se trouve rompue. D'expulsions en mises à l'abri, de fins de prise en charge en mises à la rue, on a des parcours de vie qui mettent à mal tout processus de scolarisation.

Il arrive que la scolarisation leur soit refusée ?

D'une certaine manière, c'est le cas. Cela arrive dans certaines collectivités locales. Cela se traduit par des affectations très lointaines du lieu d'habitation ou des tickets de cantine qui atteignent des taux phénoménaux, sans parler de l'attitude d'autres parents très néfastes.

Qu'est-ce-qui a été mal fait en 25 ans de politiques mises en place ?

Résorber les bidonvilles, sur le fond, on est d'accord. Sauf que ce n'est pas en expulsant les gens et en les mettant à la rue, que l'on va régler le problème. Il faut que les candidats à la présidentielle soient courageux, prennent un certain nombre de risques. Dans notre rapport, nous parlons d'endroits où des expérimentations marchent, comme à Ivry-sur-Seine, en région parisienne. Le terrain est stabilisé et ça nous laisse le temps, avec les populations en question de construire, des projets de vie qui tiennent debout. Parce que l'on ne passe pas, comme ça, d'une situation en bidonville à un logement, un emploi et tout ce qui va avec. Cela peut prendre entre 3 et 5 ans, c’est un processus assez long.

François Loret : "Ce n'est pas en expulsant les gens et en les mettant à la rue, que l'on va régler le problème."

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