Lot : ils manifestent pour maintenir le train dans les petites communes rurales

Ce week-end, l'association Tous ensemble pour les gares a organisé un rassemblement nocturne en gare de Gourdon, dans le Lot, pour manifester son inquiétude de voir la disparition du service public ferroviaire en zone rurale.

La gare de Gourdon, dans le Lot.
La gare de Gourdon, dans le Lot. (MAXPPP)
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Stéphane IglésisRadio France

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Le week-end, les trains de nuit Paris-Toulouse et Toulouse-Paris s’arrêtent dans la commune de Gourdon, dans le Lot. Mais, pour les associations de défense des usagers, cela ne va pas durer. La SNCF a, en effet, annoncé la suppression de cet arrêt, mais de façon momentanée et certains week-ends, le temps de réaliser des travaux sur la ligne POLT, reliant Paris, Orléans, Limoges et Toulouse.

Dans la nuit du samedi 2 au dimanche 3 septembre, environ 80 adhérents et sympathisants de l'association Tous ensemble pour les gares (TEPLG), se sont réunis en gare de Gourdon pour, symboliquement, retarder de quelques minutes le train.

Une association d'usagers manifeste en gare de Gourdon (Lot) pour défendre le service public : le reportage de Stéphane Iglésis
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Des flambeaux dans l'obscurité pour accueillir le train de nuit. C'est comme cela que l'association TEPLG  a voulu manifester son inquiétude de voir disparaître le train en zone rurale. "Nous, à notre âge, ce n'est pas pour nous que l'on se bat, c'est pour la population, assure Georgette Laporte, la présidente de l'association. [Il faut] garder nos services publics."

Le train est utile, vital pour notre bassin ! 

Georgette Laporte, présidente de l'association "Tous ensemble pour les gares"

à franceinfo

Parmi les manifestants, il y a également Nathalie, née à Gourdon. Pour elle, le train "est un symbole dans le sens où les gens, quand ils achètent et quand ils viennent à Gourdon, s'ils ont les services publics, ils viennent plus facilement"

Plusieurs "menaces"

Nathalie déplore que ces services publics s'en aillent "petit à petit" à l'image de la maternité de Gourdon qui a fermé ses portes. "Parce qu'on est moins nombreux, parce qu'on a une population vieillissante ? Mais ce n'est pas pour cela qu'il n'y a pas de jeunes, qu'il n'y a pas de gens qui veulent vivre ici. Autrement, les gens vont partir."

Il n'y a pas que les trains de nuit qui s'effacent petit à petit du paysage dans le Lot, "il y a eu des interruptions de circulations plusieurs mois durant sur la ligne Brive-Aurillac, raconte Serge Laybros, le porte-parole de TEPLG, il y a des menaces qui se précisent sur la gare de Rocamadour-Padirac [car] on nous annonce sa fermeture imminente, il y a la volonté de la SNCF de réduire les heures d'ouverture des guichets en gare de Gramat et en gare d'Assier."

"On croit rêver"

Cette nuit-là, le conducteur du Toulouse-Paris a même droit à l'indignation de Michel, un ancien ingénieur de l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA). 

Jamais le transport de voyageur n'a été équilibré avec les billets.

Michel, association "Tous ensemble pour les gares"

à franceinfo

"À l'époque, si vous lisez [Henri] Vincenot, il explique clairement que, grâce au transport de fret, on compensait le transport des voyageurs, lui lance Michel. Et maintenant la SNCF est le plus grand transporteur routier de France. On croit rêver !"

Selon les chiffres du gouvernement, les trains de nuit transportent 3% des voyageurs et occasionnent un quart du déficit des trains grandes lignes. Pour l'instant, de son côté, la SNCF assure que des arrêts comme Gourdon ne sont supprimés que le temps de faire des travaux sur la ligne certains week-ends.