LGV Tours-Bordeaux : "On peut comprendre qu’il y ait une hausse" du prix des billets mais pas "une forte hausse"

La LGV Tours-Bordeaux est inaugurée ce mardi à Villognon, en Charente. Une nouvelle bien accueillie par Christian Broucaret, le président régional des associations d’usagers des transports qui s'oppose toutefois à "une forte hausse" du prix des billets. 

LGV entre Rennes et le Mans, le 25 novembre 2016. (Photo d\'illustration)
LGV entre Rennes et le Mans, le 25 novembre 2016. (Photo d'illustration) (MAXPPP)
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La ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux est inaugurée mardi 28 février par François Hollande. Le président de la République est attendu à 15h30 à Villognon, en Charente. Les trains circuleront sur la ligne à partir du 2 juillet. Cette LGV met Bordeaux à 2h de Paris, Rennes à 1h25. Elle a coûté 7,8 milliards d’euros et a été financée par un partenariat public-privé entre Vinci et la SNCF, un consortium privé qui gèrera cette ligne et appliquera les péages à la SNCF. Une première en France pour une LGV.

Interrogé sur franceinfo ce mardi, Christian Broucaret, président régional des associations d’usagers des transports, FNAUT pour la Nouvelle-Aquitaine, s'est dit opposé à "une forte hausse" du prix des billets.

Guillaume Pepy, président de la SNCF, estime que cette LGV est un "vrai changement de la géographie de la France". Etes-vous d’accord avec les termes employés ?

Oui on est d’accord. La ligne actuelle date de 1852. Il y avait une mise à niveau à faire. Ce sera le cas à partir du 2 juillet avec cette inauguration. C’est tout le grand quart Sud-Ouest de la France, Toulouse, Pau, Bayonne qui se rapproche d’une heure de Paris.

Ce chantier a coûté très cher. Le consortium a dit avoir frôlé la faillite en 2015. On peut craindre qu’il se rattrape sur les péages imposés à la SNCF pour chaque passage d’un train. Quelles conséquences sur le prix du billet, vous attendez-vous à une forte hausse ? 

On regretterait qu’il y ait une forte hausse. Le péage ne représente pas l’intégralité du prix du billet. Il n’y a que 40% du prix billet qui est consacré à l’infrastructure, même s’il y a une forte hausse des péages.

On parle de 22 euros au kilomètre.

Christian Broucaret, président de l'association des usagers des transports de la région Aquitaine

à franceinfo

On gagne une heure. On peut comprendre qu’il y ait une hausse. Aujourd’hui, le prix minimum pour un Bordeaux-Paris en deuxième classe c’est 19 euros. On peut comprendre qu’il augmente d’une dizaine de pourcent car le service est mieux rendu. Mais on serait désespérés de voir la SNCF passer à côté de cette occasion de désenclaver la province.

Que se passe-t-il pour les dessertes intermédiaires de la ligne Paris-Bordeaux ? Seront-elles bien desservies ?

Le TGV s’arrête à Poitiers et Angoulême. Les gens de Libourne, contrairement à ceux de Ruffec en Charente, ont réussi à garder leur desserte. Châtellerault est bien desservi. Quand on prend un peu de hauteur par rapport au sujet, on sait que la LGV rapproche des métropoles et éloignent des territoires. Il y aura un effort qualitatif à faire pour des destinations comme Périgueux, Limoges pour rabattre les gens vers le TGV. Le Conseil régional qui regroupe toutes ces villes dans la grande région de la Nouvelle-Aquitaine sera en capacité d’écouter la demande des usagers des TER et d’améliorer les lignes existantes. Tous les horaires vont changer le 2 juillet.

On est toujours tributaires des infrastructures qui sont à bout de souffle sur les lignes de TER.

Christian Broucaret, président de l'association des usagers des transports de la région Aquitaine

à franceinfo

On espère qu’il y aura une partie de l’argent de la grande région Nouvelle-Aquitaine qui ira sur les trains du quotidien que sont les TER.

Christian Broucaret : "on serait désespérés de voir la SNCF passer à côté de cette occasion de désenclaver la province"

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