Le Sénat supprime un amendement sur le harcèlement dans les transports

Le Sénat a retoqué un article présent dans la proposition de loi relative à la sûreté dans les transports. Cela n'a pas échappé à la députée Marie Le Vern, à l'origine de l'amendement. 

Pascale Boistard, secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, visite le métro parisien, le 9 novembre 2015, après le lancement d'une campagne contre le harcèlement sexiste.
Pascale Boistard, secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, visite le métro parisien, le 9 novembre 2015, après le lancement d'une campagne contre le harcèlement sexiste. (BERTRAND GUAY / AFP)
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Alors que le gouvernement a lancé son plan contre le harcèlement sexiste dans les transports, les sénateurs, eux, balaient le sujet d'un revers de la main. Le 28 janvier, le Sénat a ainsi écarté un amendement portant sur le sujet, lors d'une discussion sur la proposition de loi relative à la sûreté dans les transports publics. 

Leur geste aurait pu passer inaperçu. Mais c'était sans compter la députée socialiste Marie Le Vern, à l'origine de l'article. Comme le relève Le Monde, l'élue a posté un tweet, le 2 février, pour s'élever contre la décision des sénateurs, estimant que cette "suppression [éclipsait] brutalement le sujet (...) sans proposer d'alternative"

Le rapporteur évoque une volonté de simplifier les lois

L'amendement, supprimé par les sénateurs, visait à mettre en place des actions "de recensement, de prévention et de lutte" contre le harcèlement sexiste. Il évoquait aussi la création de formations afin de sensibiliser les agents des transports en commun à la question. Surtout, l'article 14 écrivait noir sur blanc l'expression "harcèlement sexiste", permettant ainsi de mettre des morts sur des actes "difficiles à définir", selon Marie Le Vern. 

Selon Le Monde, l'article a été retoqué par la commission des lois du Sénat. Interrogé par le quotidien, son rapporteur François Bonhomme (Les Républicains) réfute les accusations de sexisme et souligne que le harcèlement sexuel est englobé dans les termes "prévention de la délinquance". Pour lui, la décision a été prise afin "de ne pas alourdir les lois".