Trois mois après les tensions sociales, la direction d'Air France présente un nouveau plan aux syndicats

Si la direction ne renonce pas au millier d'emplois supprimés en 2016, elle y prévoit la possibilité de "reprendre des embauches" pour les personnels navigants commerciaux et les pilotes. 

Un avion d'Air France sur le tarmac de l'aéroport de Marseille-Provence, le 5 octobre 2015.
Un avion d'Air France sur le tarmac de l'aéroport de Marseille-Provence, le 5 octobre 2015. (BORIS HORVAT / AFP)

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La direction d'Air France a présenté une nouvelle feuille de route aux syndicats. Détaillé vendredi 15 janvier en comité central d'entreprise (CCE), ce plan de "développement" vise à remplacer le très contesté "plan B" de réduction d'activité, dont l'annonce début octobre avait été à l'origine de vives tensions entre les syndicats du groupe et la direction, marquées par l'affaire de la "chemise arrachée".

Cette fois, si la direction ne renonce pas au millier d'emplois supprimés en 2016, elle se dit prête à renoncer à la deuxième partie du "plan B" qui prévoyait pour 2017 le retrait de neuf avions de la flotte, des réductions de fréquence et 2 000 autres suppressions de postes.

D'éventuelles embauches 

Ce "plan de développement" prévoit l'entrée dans la flotte long-courrier de deux avions par an de 2017 à 2020. Ce projet, conditionné à des accords de productivité, prévoit la possibilité de "reprendre des embauches" pour les personnels navigants commerciaux (les hôtesses et les stewards) et les pilotes, selon une source syndicale de l'AFP. Pour le personnel au sol, la direction s'engage à ne procéder à "aucun départ contraint pour motif économique" jusqu'à l'été 2018.

Les agents au sol restent cependant exposés à des "mutations géographiques ou professionnelles" et donc à des licenciements en cas de refus, s'est inquiété Didier Fauverte, secrétaire (CGT) du CCE. Pour cette catégorie de personnels, un plan de départs volontaires est prévu entre 2016 et avril 2017, selon un document interne consulté par l'AFP.

Un accueil mitigé des syndicats

L'annonce de ce plan de développement a été accueillie de manière mitigée par les syndicats. Si la CFDT "se félicite de l'abandon du plan B", "ça ressemble fort au plan A présenté en septembre", a ironisé Véronique Damon du SNPL, syndicat majoritaire chez les pilotes. Elle évoque auprès de l'AFP "une flotte soi-disant en croissance de deux avions par an, ce qui permet de retrouver en 2020 le niveau de... 2015 !"

Le plan de développement d'Air France devrait se traduire par une hausse du nombre d'heures de vol de 10% entre 2016 et 2020, ont ajouté par ailleurs des représentants CGT et FO.