Les pilotes d'Air France approuvent le projet Boost, "le fruit du travail de notre bureau syndical"

Le président du principal syndicat des pilotes d'Air France, le SNPL, a salué sur franceinfo lundi l'adoption par les pilotes du plan d'Air France, "Trust Together". "On espère que la direction en fera un succès" tempère t-il. 

Philippe Evain, le 4 novembre 2015.
Philippe Evain, le 4 novembre 2015. (ERIC PIERMONT / AFP)
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Le principal syndicat des pilotes d'Air France, le SNPL, a approuvé le plan stratégique d'Air France "Trust Together" qui comprend le plan projet "Boost" de création d'une compagnie à coûts réduits.

Philippe Evain, président du SNPL Air France, affirme lundi 17 juillet sur franceinfo que cet accord est "une sorte de co-construction" entre la compagnie et les pilotes. "Les pilotes montrent qu'ils savent d'être agiles lorsqu'il y a un projet de croissance sur la table", ajoute-t-il.

franceinfo : C'est un oui franc, massif, c'est un revers pour le SNPL et son projet alternatif qui ne recueille que 16% des suffrages ?

Philippe Evain : Non. Il faut retenir que les pilotes donnent le coup d'envoi de Boost. Cette nouvelle compagnie va pouvoir être créée. C'est une très bonne chose si elle permet à Air France de reconquérir les parts de marché qu'elle a perdues vis-à-vis de ses concurrents mais aussi vis-à-vis de sa filiale KLM. Ce n'est pas un revers car cet accord est le fruit du travail de notre bureau syndical. On a imaginé, construit, rédigé cet accord. On aurait souhaité avoir un peu plus de garanties, sur tout ce qui est rattrapage d'activité, notamment vis-à-vis de nos collègues hollandais.

Ce qu'il faut retenir, c'est que les pilotes montrent qu'ils savent d'être agiles lorsqu'il y a un projet de croissance sur la table.

Philippe Evain, président du SNPL Air France

à franceinfo

Ils savent s'engager, faire des efforts quand il s'agit de l'avenir de leur entreprise. Dans ce projet d'accord, il y a 40 millions d'euros d'effort de productivité des pilotes, 12 jours de repos en moins par an : c'est loin d'être négligeable. On comprend que l'image qui est parfois donnée des pilotes, qu'ils sont un peu verrouillés sur leurs acquis, est complètement balayée par cette réponse des pilotes d'Air France. On se réjouit de cet accord car on a passé des mois à le construire et à le consolider. Le premier projet de la compagnie n'était pas stable, juridiquement contestable. Ce travail-là est une sorte de co-construction.

Boost ne vous inquiète plus en l'état actuel ?

On a fait ce que nous pouvions faire pour le sécuriser vis-à-vis des pilotes. On ne voulait pas avoir plusieurs catégories de pilotes au sein du groupe Air France. On y était viscéralement attachés donc on a fait les efforts nécessaires pour pouvoir obtenir un seul contrat. Les pilotes Air France et Boost travailleront sous les mêmes conditions. D'autres catégories ont fait des choix différents. Ce projet va démarrer et il apporte de la croissance à l'entreprise. Il va démarrer à l'automne pour le moyen-courrier, à l'été 2018 pour le long-courrier. On en attend de la croissance et des ouvertures de lignes. Il faut aller chercher les nouveaux clients et les nouveaux marchés, c'est ça qui est important. Les pilotes veulent s'engager dès lors que c'est bon pour l'emploi et pour la croissance.

N'est-ce pas un peu tard pour lancer ce projet, un peu en dessous du marché avec le low cost qui prend de plus en plus de place ?

On verra comment il évoluera avec l'avenir. Il faut bien commencer par quelque chose : 30 avions ça n'est pas négligeable. Il ne s'agit pas non plus de totalement transformer le produit Air France qui fonctionne bien, Air France gagne énormément d'argent. On n'est pas dans une entreprise en difficulté, il s'agit simplement de prévenir les éventuelles difficultés que nous pourrions avoir si nous nous endormions sur nos lauriers. C'est petit mais on espère que la direction en fera un succès. Là où on est quand même inquiets, c'est que les précédents projets de l'entreprise jusqu'à présent ne s'étaient pas terminés correctement.