Affaire de la "chemise arrachée" à Air France : l'inspection du travail refuse le licenciement d'un délégué CGT

La compagnie aérienne a formulé, jeudi dans la foulée, un recours auprès du ministère du Travail.

Le driecteur des ressources humaines d'Air France, Xavier Broseta, tente d'escalader une grille, le 5 octobre 2015 à Roissy.
Le driecteur des ressources humaines d'Air France, Xavier Broseta, tente d'escalader une grille, le 5 octobre 2015 à Roissy. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)
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L'inspection du travail a refusé, jeudi 21 janvier, le licenciement d'un délégué CGT d'Air France à la suite de l'affaire de la "chemise arrachée" du directeur des ressources humaines. Après ces violences du 5 octobre, cinq procédures de licenciement avaient été lancées. Quatre d'entre elles ont été confirmées après le rejet des recours gracieux. Mais la cinquième devait encore être examinée par l'inspection du travail, car elle concernait un délégué syndical.

Que dit l'inspection du travail ?

Dans sa décision, l'inspection du travail indique que les "faits invoqués pris dans leur ensemble ne permettent pas à (sic) établir l'existence d'une faute lourde commise par le salarié, caractérisant son intention de nuire vis-à-vis de l'entreprise".

La direction l'accusait d'avoir "poussé et bousculé un autre salarié" vers le DRH. Pour l'inspection du travail, "il est impossible de déterminer avec certitude" s'il "bouscule des salariés volontairement, ou s'il est lui-même chahuté". Selon elle, le visionnage des images télévisées avancées comme preuve "ne permet pas de déduire la force de la poussée" et "qu'en conséquence son caractère violent ne peut être établi".

En outre, l'inspection du travail accuse la direction d'avoir enfreint le code de sécurité intérieure, lequel interdit "l'intervention des entreprises de sécurité privée dans les conflits au travail".

Comment Air France accueille cette décision ?

Air France "va former sans délai un recours hiérarchique auprès du ministère du Travail", conformément à ce que prévoit le Code du travail, a indiqué à l'AFP un porte-parole du groupe. Le ministère pourra annuler la décision de l'inspection du travail et ainsi valider le licenciement.

Toutefois, ce recours n'est pas suspensif. La compagnie aérienne doit réintégrer le salarié d'Air France Industries (maintenance) et lui payer le salaire non perçu depuis sa mise à pied conservatoire sans solde, prononcée le 16 octobre.

Comment réagissent les syndicats ?

"Cette décision de l'inspection du travail montre que nous ne sommes pas des voyous comme l'a dit Manuel Valls, et elle légitime le combat des salariés", affirme Miguel Fortea, secrétaire général de la CGT Air France, contacté par francetv info.

"Air France n'a jamais fait d'enquête contradictoire. Elle a seulement voulu faire des exemples. Il n'y a pas eu de violences. Nous demandons aussi la réintégration des quatre autres salariés", martèle Miguel Fortea.

Quatre employés d'Air France ont été licenciés. Avec le délégué CGT, ils seront jugés le 27 mai au tribunal correctionnel de Bobigny pour violence.