Non, c'est non. A quelques heures d'un dîner entre dirigeants européens, Angela Merkel campe sur ses positions. La chancelière allemande a réitéré son opposition à la proposition du président français, François Hollande, de mettre en place des euro-obligations (ou eurobonds), qui permettraient de mutualiser de la dette au niveau européen. "Les euro-obligations ne contribuent pas à relancer la croissance dans la zone euro", a-t-elle déclaré à son arrivée à Bruxelles (Belgique), où se tient la réunion informelle. Selon elle, ces euro-obligations sont également contraires aux traités européens.

"Les traités interdisent une prise en charge réciproque des engagements" d'un Etat à l'autre au sein de l'Union européenne, "et cela inclut à notre avis les euro-obligations", a-t-elle ajouté. Pour appuyer la croissance au sein de la zone euro, l'Allemagne entend proposer de son côté "d'approfondir le marché intérieur (...) Je vais proposer qu'on améliore la mobilité sur le marché du travail, parce que dans certains pays on cherche des travailleurs qualifiés, dans d'autres il y a un chômage élevé".

Berlin va également plaider en faveur "d'une coopération plus étroite en ce qui concerne les divers projets de réforme des systèmes sociaux, des réglementations des marchés du travail" au sein de la zone euro, et d'un "engagement plus fort de la Banque européenne d'investissement" en faveur de la relance en Europe, a souligné la chancelière. Mais "rien ne sera décidé aujourd'hui, il y aura juste un échange de vues et ensuite une décision en juin" au prochain sommet formel des dirigeants européens.