Après les nombreux rendez-vous internationaux qui ont guidé les premiers pas de François Hollande à l'Elysée (G20, sommet européen, sommet environnemental de Rio...), voilà le premier temps fort du quinquennat. François Hollande inaugure lundi 9 juillet la première grand-messe sociale de son quinquennat. Une conférence qui doit réunir, entre lundi matin et mardi après-midi, ministres, patrons et syndicats autour de grandes thématiques phares, de l'emploi aux retraites en passant par la fonction publique.

1. Lutte contre le chômage

Cette grande conférence sociale sera avant tout marquée par les questions d'emploi, alors que les chiffres du chômage continuent de s'aggraver mois après mois. Le nombre de demandeurs d'emploi a en effet connu en mai son treizième mois de hausse consécutif. Et les menaces de plans sociaux et de restructurations semblent s'accumuler au fil des semaines (PSA, Carrefour, Sanofi...).

Alors que la CGT réclame "une remise à plat de toutes les aides publiques aux entreprises" et que la CFDT exige "un plan national d'urgence de formation des demandeurs d'emploi" ou encore "le renforcement du chômage partiel", le gouvernement devrait détailler plusieurs propositions qui ont marqué la campagne de François Hollande : la création de 500 000 contrats de génération, la mise en place de 150 000 emplois d'avenir, l'interdiction des licenciements boursiers ou encore l'obligation de trouver un repreneur pour une entreprise qui veut fermer un site alors qu'elle fait des bénéfices.

2. Les retraites

S'il tient ses promesses de campagne, François Hollande devrait inviter les partenaires sociaux à rouvrir un autre dossier majeur : celui des retraites. En janvier, il s'était en effet engagé à ouvrir une "négociation globale" sur ce sujet, pour "définir l'âge légal de départ à la retraite, la prise en compte de la pénibilité, le montant des pensions et l'évolution des recettes indispensables à la pérennité de notre système de retraite".

Mais alors que les syndicats sont divisés - la CGT et FO demandent un retour complet à la retraite à 60 ans, alors que la CFDT semble favorable à un nouveau système par points -, l'exécutif pourrait finalement reporter à plus tard les discussions sur ce dossier.

3. Le coût du travail

Le Medef entend de son côté mettre sur la table la question du coût du travail et de la compétitivité. L'organisation patronale propose ainsi de baisser simultanément les charges sociales payées par les salariés et les employeurs, pour réduire le coût du travail, et de compenser cette baisse par une augmentation de la TVA et de la CSG.

Des pistes qui seront sans surprise rejetées par les syndicats de salariés, mais pour Laurence Parisot, "ce qui compte, c'est que les choses soient présentées et débattues". Car la patronne des patros "n'exclut pas que ce qui n'est pas envisagé aujourd'hui soit finalement mieux compris et accepté demain".

4. Le traitement de la fonction publique

C'est un autre point de tension au menu de cette grande conférence sociale. Quels moyens l'exécutif accordera-t-il à la fonction publique ? Alors que le gouvernement maintient le gel du point d'indice et annonce des suppressions de poste dans les secteurs "non prioitaires", les syndicats - CGT en tête - appelent à "une évaluation contradictoire des réformes antérieures" avant de prendre de nouvelles mesures. 

Matignon devrait rappeler qu'il a récemment commandé un rapport pour dresser un bilan de la révision générale des politiques publiques (RGPP) mise en place par Nicolas Sarkozy, et dont Force ouvrière réclame la suppression immédiate. 

Reste à savoir ce qui resortira concrètement de cette conférence sociale. Soucieux de ne pas donner le sentiment que tout est joué d'avance, le gouvernement ne devrait faire aucune annonce forte aussitôt la fin du sommet. Ces deux jours de discussion devraient plutôt marquer un point de départ à plusieurs semaines de négociations, et constituer un symbole de la méthode Hollande, qui devrait confirmer lundi sa volonté d'inscrire le dialogue social dans la Constitution. Il y a pourtant "urgence" à prendre des décisions fortes, a prévenu François Chérèque (CFDT, immité par son homologue Bernard Thibault (CGT), soucieux d'entendre "des annonces immédiates"