Le PDG de la Française des Jeux, Christophe Blanchard-Dignac, pose le 10 septembre 2008 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), à l'occasion du lancement du nouveau Loto.
Le PDG de la Française des Jeux, Christophe Blanchard-Dignac, pose le 10 septembre 2008 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), à l'occasion du lancement du nouveau Loto. (MARTIN BUREAU / AFP)

La rémunération des patrons sur le tapis. Le gouvernement français va présenter, mercredi 13 juin, en Conseil des ministres, son projet de décret visant à encadrer les rémunérations des dirigeants des entreprises publiques pour les limiter à un maximum de vingt fois les salaires les plus bas, a annoncé mardi l'Elysée. Selon Le Figaro.fr, seront concernées au premier chef les entreprises dont l'Etat français détient la majorité du capital. 

Pour les entreprises où l'Etat est minoritaire, ses représentants au conseil d'administration auront pour instruction de proposer des dispositions similaires au moment où le conseil débat de la question des rémunérations, chaque année, ajoute le site internet du quotidien. La mesure ne concernera que les cadres dirigeants qui ont le statut de mandataire social, ce qui évitera d'avoir à renégocier leur contrat de travail.

Ayrault en appelle au "patriotisme des dirigeants"

Le salaire qui servira de référence au calcul des rémunérations des dirigeants correspondra à la moyenne du décile le plus bas (les 10% des salaires les plus bas). Il sera établi sur la moyenne de la quinzaine de sociétés dans lesquelles l'Etat est actionnaire majoritaire. Ceci permettra d'éviter des disparités entre patrons de groupes comme la SNCF, qui a un salaire de base relativement bas du fait de son grand nombre d'ouvriers et d'employés, et la Française des Jeux, où les cadres sont plus nombreux. Les mandataires implantés à l'étranger ne seront pas concernés.

"Concrètement, cela signifie que leur salaire sera plafonné autour de 28 000 euros brut" mensuels, a détaillé mercredi Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, "ce qui est déjà un salaire significatif".

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait annoncé fin mai que cette mesure, une des promesses de campagne de François Hollande, s'appliquerait aux mandats en cours. "Je crois au patriotisme des dirigeants, qui peuvent comprendre que la crise suppose l'exemplarité des élites politiques et économiques", avait-il ajouté, soulignant qu'elle avait été précédée de la baisse de la rémunération des membres du gouvernement et de celle du président de la République.