Hausse des tarifs chez SFR, Orange et Bouygues : il est encore possible de résilier sans frais

L'association UFC-Que Choisir épingle les opérateurs de télécommunication. Dans une étude publiée jeudi, elle révèle qu'ils ont quasiment tous discrètement augmenté leurs tarifs pendant l'été. Mais les utilisateurs concernés peuvent encore faire marche arrière.

Des factures de Bouygues télécom et de SFR. Image d\'illustration.
Des factures de Bouygues télécom et de SFR. Image d'illustration. (MAXPPP)
avatar
Sophie AuvigneRadio France

Mis à jour le
publié le

Très discrètement mais sûrement, les opérateurs téléphoniques ont quasiment tous augmenté leurs tarifs pendant l'été et parfois même franchement, selon une enquête de l'UFC-Que Choisir publiée le 24 août.

La nouveauté c'est que tout le monde est concerné, nouveaux comme anciens clients. Les abonnés de Bouygues télécom, SFR et Orange ont bien vu arriver des mails mais sous forme de publicité. Donc a priori, pas de raison de se sentir concerné. Par exemple, SFR a envoyé un courriel intitulé : "Souriez, vous êtes surclassé". L'opérateur y vantait une nouvelle option.

Des hausses jusqu'à 5 euros par mois

En réalité, ce service de SFR est activé d'office avec l'augmentation du forfait jusqu'à 5 euros par mois. Orange a également fait grimper son forfait mobile Mini de 2 euros et son offre fixe de près de 4 euros. Chez Bouygues télécom, la BBox Miami se loue désormais 3 euros par mois alors qu'elle était jusqu'à présent incluse dans le forfait. 

"Les opérateurs nous ont habitué à augmenter leurs prix assez régulièrement. Mais cet été, il y a eu beaucoup d'augmentations. [Et] le problème c'est qu'ils le font quand les gens sont en vacances et qu'ils n'ont pas trop la tête à ça. Et en plus d'une manière un petit peu détournée", explique Cyril Brosset, le journaliste d'UFC-Que Choisir qui a mené l'enquête.

En effet, les opérateurs peuvent modifier leurs tarifs, même pour les clients qui ont déjà un contrat, mais à une condition : en informer préalablement les clients concernés. C'est ce qu'impose l’article L. 224-33 du code de la consommation. Or, ces fameux courriels étaient très peu explicites. Il fallait lire toute la réclame jusqu'au bout, et surtout jusqu'aux petites lignes. Même là d'ailleurs, ce n'était pas si clair : SFR indiquait par exemple dans son courriel que sa nouvelle option serait facturée à prix "exceptionnel" et que l'offre ne se représenterait pas. 

"Un peu machiavélique"

"Le fait que ça se passe au cœur de l'été, ce n'est pas une coïncidence, assure Bernard Dupré, président de l'association française des utilisateurs de télécommunications (AFUTT). C'est un choix un peu machiavélique pour essayer de ne pas avoir trop de désabonnement sur ces augmentations de tarifs." 

Selon Bernard Dupré, "il faut quand même distinguer les augmentations catalogue pour les nouveaux abonnés et l'augmentation des tarifs sur son parc d'abonnés, là c'est beaucoup plus délicat car le grille tarifaire est un élément constitutif du contrat, il y a donc modification unilatérale du contrat."  L'association indique avoir reçu "pas mal de plaintes" et avoir fait la demande à SFR notamment pour qu'il envoie un sms pour avertir ses clients du changement de tarif.

Voir la vidéo

4 mois pour se désengager 

Il est possible de se désengager mais il faut agir vite, prévient l'association de défense des consommateurs. "On peut résilier sans frais. On a quatre mois à partir de l'augmentation du tarif pour dire à l'opérateur qu'on le quitte et il ne peut rien nous facturer", indique Cyril Brosset. Il est aussi possible de négocier pour obtenir "un maintien des anciennes conditions", car les opérateurs redoutent une vague de résiliations. Poser la question reste gratuit en tout cas !

"Il fallait lire en tout petit que le prix du forfait allait augmenter" : Cyril Brosset, d'UFC-Que Choisir, explique les hausses de tarifs pratiquées cet été par les opérateurs SFR, Bouygues et Orange.
--'--
--'--