Nokia veut supprimer près de 600 emplois de plus en France d'ici 2019

Ces suppressions de postes affecteront les fonctions centrales et support de ces filiales basées au campus de Paris-Saclay (Essonne) et à Lannion (Côtes-d'Armor), 

Le siège de Nokia, à Espoo, en Finlande, le 27 avril 2017. 
Le siège de Nokia, à Espoo, en Finlande, le 27 avril 2017.  (VESA MOILANEN / LEHTIKUVA / AFP)
avatar
franceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

Après avoir supprimé quelque 400 postes en France en 2016, Nokia revoit encore à la baisse ses effectifs dans l'Hexagone. Mercredi 6 septembre, le géant finlandais des équipements télécoms a annoncé la suppression de 597 emplois supplémentaires en France d'ici 2019.

Ces suppressions d'emplois sont prévues sur deux ans dans les filiales Alcatel Lucent International et Nokia Solutions and Networks (NSN), sur un effectif total de 4 200 personnes dans ces deux sociétés, selon une porte-parole de la direction. Elles affecteront les fonctions centrales et support de ces filiales basées au campus de Paris-Saclay (Essonne) et à Lannion (Côtes-d'Armor), tandis que les fonctions recherche-développement ne seront "pas concernées", a-t-elle précisé.

La répartition des coupes entre Paris-Saclay et Lannion "n'est pas encore décidée à ce stade" et le plan sera présenté le 18 septembre aux instances représentatives du personnel de ces deux filiales, a-t-elle ajouté.

Un projet "inacceptable" pour les syndicats

Les deux autres filiales du groupe en France, Alcatel-Lucent Submarine Networks (câbles sous-marins) et RFS (radiofréquences) ne sont pas concernées par ce "projet d'évolution", justifié par le plan de la maison mère de dégager 1,2 milliard d'euros d'économies d'ici 2018, selon la porte-parole. Car le groupe, en difficulté chronique, a choisi de repositionner la France en pôle d'excellence en matière de recherche-développement sur trois technologies clés : la 5G, la cybersécurité et l'internet des objets, a rappelé la porte-parole de la direction.

Ces nouvelles suppressions d'emplois ont ainsi été jugées "inacceptables" par les syndicats, qui ont déploré "plus de 1 000 disparitions d'emplois" réalisées ou annoncées en France depuis le rachat de la firme par Alcatel-Lucent l'année dernière. Selon l'intersyndicale, les 597 emplois voués à disparaître représentent "30% des emplois hors recherche et développement"."Ces emplois vont être délocalisés dans des pays à bas coûts, l'Europe de l'Est essentiellement", déplore la CGT.

Selon l'intersyndicale, le PDG du groupe, Rajeev Suri, s'était engagé auprès d'Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, à renforcer le secteur de la recherche et développement pour le porter à 2 500 ingénieurs et chercheurs à fin 2019. Ces engagements sont "loin d'être tenus", puisque "seulement 20% des 500 recrutements nécessaires ont été réalisés à ce jour". La CGT a par ailleurs affirmé que Nokia venait de distribuer "4,4 milliards d'euros aux actionnaires en dividendes et rachat de ses propres actions" et avait "perçu beaucoup d'argent public en France, 67 millions en crédit-impôt-recherche (CIR) et CICE l'an passé".