Smic : une augmentation de 1,1% au 1er janvier, mais pas de coup de pouce supplémentaire

Le taux horaire du salaire minimum sera porté à 9,53 euros brut. Plus de 3 millions de personnes sont concernées.

Le dernier coup de pouce au smic remonte au 1er juillet 2012. Au lendemain de l'élection de François Hollande, le salaire minimum avait été revalorisé de 2%, au lieu de 1,4%.
Le dernier coup de pouce au smic remonte au 1er juillet 2012. Au lendemain de l'élection de François Hollande, le salaire minimum avait été revalorisé de 2%, au lieu de 1,4%. (MAXPPP)
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Le smic augmentera de 1,1% au 1er janvier 2014. Mais cette revalorisation ne sera pas accompagnée d'un "coup de pouce". Le ministre du Travail Michel Sapin l'a annoncée, lundi 16 décembre. Une confirmation apportée après la réunion de la Commission nationale de la négociation collective, qui réunit syndicats et patronat.

Francetv info répond à trois questions pour mieux comprendre ce que cela change.

Combien sera désormais payé un smicard ?

Au 1er janvier, le salaire minimum passera de 9,43 à 9,53 euros brut de l'heure. Dix centimes de plus donc. Le salaire brut mensuel d'un salarié payé au smic pour un temps plein de 35 heures ne sera plus de 1 430,22 euros, mais de 1 445,38 euros. En net, cela équivaudra à un salaire mensuel de 1 113 euros en moyenne.

Cette augmentation devrait représenter environ 12 euros supplémentaires par mois pour chacun des 3,1 millions de smicards français. Ils travaillent, pour 1,9 million d'entre eux, dans le privé, notamment dans l'hôtellerie, la restauration et le tourisme.

"Le minimum garanti sera quant à lui relevé de 0,6% au titre de l'inflation et s'établira donc à 3,51 euros au 1er janvier 2014", ajoute le ministère dans un communiqué.

Pourquoi n'y a-t-il pas de "coup de pouce" ?

Cette progression de 1,1% signifie qu'il n'y aura pas de hausse plus importante que celle résultant de l'application de la formule de calcul légale. Le smic est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier en fonction de l'évolution des prix (intégrant le loyer et l'énergie) et de l'évolution du salaire réel de base des ouvriers et employés, selon de nouvelles règles instituées en février dernier.

Ce refus d'un "coup de pouce" est conforme aux recommandations du groupe d'experts sur le smic, chargé "d'éclairer" le gouvernement avant chaque revalorisation. Ils ont préconisé de s'en tenir à l'augmentation légale pour deux raisons principales, listées par Le Figaro. Ils ont d'abord pointé le risque qu'une hausse du smic ne "se traduise in fine par une baisse de l'emploi et de la compétitivité des entreprises", dans un contexte de faible croissance et de chômage élevé. Ils ont ensuite fait remarquer que le smic en France est "aujourd'hui très nettement au-dessus des niveaux constatés dans les autres pays de l'OCDE".

Depuis 2007, il n'y a d'ailleurs eu qu'un seul "coup de pouce" au smic : celui de 0,6% décidé le 1er juillet 2012 par François Hollande, nouvellement élu, pour "rattraper ce qui n'a pas été accordé" aux smicards durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le smic avait été augmenté de 2% au total cette année-là.  

Que garantit cette augmentation ?

Le ministère du Travail met en avant deux arguments. Selon lui, cette revalorisation de 1,1% permet d'abord d'assurer une progression du pouvoir d'achat des salariés dont les rémunérations sont les plus faibles, compte tenu du niveau de l'inflation, qui a augmenté de 0,6% sur l'année. Elle préserve ensuite l'emploi des moins qualifiés, écrit le ministère. Mais le refus d'un "coup de pouce" va à l'encontre des attentes des syndicats. 

Agnès Le Bot, représentante de la CGT, a jugé que cette décision était "très en deçà des attentes des salariés" et a revendiqué un smic à 1 700 euros brut. Alors que "trois organisations syndicales (CGT, FO, CFTC) représentant 60% des salariés réclamaient un coup de pouce, elle n'ont pas été entendues, à l'opposé du patronat", a-t-elle regretté.

"Pour les salariés, c'est 'circulez y a rien à voir', a réagi Marie-Alice Medeuf-Andrieu, de FO, qui militait pour une hausse de 2%. Alors que tout augmente (les impôts, l'électricité...), les salariés continuent à payer le prix de la crise et, de l'autre côté, le gouvernement aide les entreprises."

La CFTC demandait, elle aussi, que le gouvernement aille "au-delà de ce que prévoit la loi, contrairement aux recommandations [du groupe d'experts sur le smic] qui ne prennent pas en compte les augmentations de prix à venir, notamment de l'électricité et des conséquences de la hausse de la TVA".