De g. à dr., la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lors d'un conseil national du PS, le 13 avril 2013, à Paris.
De g. à dr., la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lors d'un conseil national du PS, le 13 avril 2013, à Paris. (LCHAM / SIPA)

S'il souhaitait compliquer la tâche du gouvernement, le Parti socialiste ne s'y serait pas pris autrement. Le bureau national du PS a adopté, mardi 9 juillet, ses propositions au sujet de la réforme des retraites, dont l'objectif est de "garantir le niveau des retraites", mais dont les moyens vont à contre-courant de ceux esquissés par le gouvernement. Le texte refuse notamment toute "désindexation" des pensions par rapport à l'inflation, mais rejette surtout l'accélération du calendrier pour l'allongement de la durée de cotisation. Deux pistes pourtant préconisées par le rapport Moreau commandé par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Intitulé "consolider et rendre plus juste notre système de retraites", le document de neuf pages, qui se veut la contribution du PS à la réforme qui sera présentée en septembre par le gouvernement, a été adopté par la direction du parti par 26 voix pour et 10 abstentions.

Le PS cible les revenus du capital et les retraités aisés

Rassemblée dans le courant "Maintenant la gauche", l'aile gauche du PS salue des "avancées considérables", notamment en tournant "le dos aux préconisations folles du rapport Moreau" remis au gouvernement mi-juin. Autre courant classé à la gauche du PS, "Un monde d'avance" se félicite également que le document "fixe les lignes rouges à ne pas franchir".

Dans son document, le PS juge qu'un allongement de la durée de cotisation après 2020 est "possible", mais qu'"il ne devra pas excéder la moitié des gains d'espérance de vie". Avant 2020, le parti y est "opposé". Il suggère en outre plusieurs pistes de financement, et non des moindres, comme la mise "à contribution des revenus du capital" ou encore "une contribution, au même niveau que les actifs, des retraités les plus aisés".