Pollution : trois questions sur les rappels de véhicules Renault

Certains modèles de la marque française ont été épinglés pour un dépassement de normes d'émissions de CO2 et d'oxydes d'azote. Ségolène Royal a annoncé, mardi, le rappel de plus de 15 000 véhicules.

Des véhicules Renault, le 15 janvier 2016 à Saint-Herblain (Loire-Atlantique).
Des véhicules Renault, le 15 janvier 2016 à Saint-Herblain (Loire-Atlantique). (LOIC VENANCE / AFP)

Mis à jour le , publié le

Un nouveau scandale automobile ? "Renault s'est engagé à rappeler plus de 15 000 véhicules pour les vérifier et les régler correctement afin que le système de filtration fonctionne", a annoncé Ségolène Royal, mardi 19 janvier, sur RTL.

Cette vidéo n'est plus disponible

La ministre de l'Ecologie s'est exprimée au lendemain de l'audition du constructeur automobile français devant la commission technique, qui avait relevé un dépassement de normes anti-pollution. Celle-ci a été mise en place par le gouvernement après le scandale Volkswagen.

Quels sont les véhicules concernés par le rappel ?

Le rappel concerne quelque 15 800 Captur diesel 110 ch produits en Europe entre février et septembre 2015, a précisé Gaspard Gascon-Abellan, directeur de l'ingénierie de Renault, à la mi-journée.

Le constructeur français a découvert en juillet "une erreur de calibrage" dans le système de dépollution de ces moteurs diesel. Il n'éliminait pas correctement les oxydes d'azote et le soufre, de sorte que "le filtre à particules perdait complètement son efficacité", a expliqué Gaspard Gascon-Abellan. Ce défaut a été corrigé début septembre et le rappel a été lancé en novembre, a-t-il ajouté.

Selon le quotidien Les Echos de mardi, la Renault Espace 5 est également pointée du doigt. "Dans le cas de Renault, le décalage d'émissions est particulièrement élevé, allant jusqu'à plus de dix fois en conduite sur route", rapporte le journal, qui ne cite pas ses sources. Mais Renault dément. "C'est faux", a déclaré Thierry Bolloré, directeur délégué à la compétitivité, assurant que "Renault respecte toutes les normes".

Comment le constructeur se justifie-t-il ?

Des perquisitions de la Direction de la concurrence ont eu lieu, jeudi, sur trois sites de Renault. Mais l'enquête n'établit pas l'existence de logiciels de fraude sur les véhicules du constructeur. En effet, Renault met en cause les tests réalisés en laboratoire. Imaginés il y a quarante ans, avant l'avènement de l'électronique, ils ne reflètent plus la réalité, comme l'explique France 3. Par exemple, on les réalise dans des conditions idéales de température moteur. Or, en conditions réelles (à froid par exemple), les moteurs Renault dépassent les normes.

Lundi, après avoir été reçu par la commission indépendante qui a révélé ces écarts, Renault a promis de présenter un plan technique pour réduire la différence entre les émissions de ses voitures en conditions réelles et celles des normes d'homologation. Il détaillera le 30 mars des mesures.

Comment Renault va s'organiser pour mettre ses véhicules aux normes  ?

Pour mettre aux normes ses moteurs diesel, Renault a actuellement recours à la technologie du "piège à NOx", plus simple et moins coûteuse. Mais aussi moins efficace, en conditions réelles, que celle de la réduction catalytique sélective (connue sous son acronyme anglais SCR). En fait, le système de dépollution du constructeur tendrait à moins bien fonctionner dans certaines conditions météorologiques, "et notamment en cas de températures trop basses (inférieures à environ 17°C à l’arrivée dans le moteur)", précisent Les Echos.

Selon Ségolène Royal, "les choses peuvent être faites rapidement car pour régler correctement un moteur, il faut une demi-journée". Les moteurs des 15 000 véhicules rappelés vont être modifiés avant leur mise en vente.

Les propriétaires des véhicules diesel portant la dernière norme en vigueur Euro 6 pourront aussi demander si une opération de maintenance est nécessaire sur leur véhicule, a annoncé Renault à la mi-journée. Il devrait s'agir d'une simple reprogrammation nécessitant une vingtaine de minutes. Sur la base des ventes 2015, un porte-parole du constructeur a estimé que jusqu'à 700 000 véhicules pourraient être potentiellement concernés.