Philippe Evain (SNPL, pilotes) : "Air France n’a pas de projet"

Trois mois après une crise aiguë, la compagnie propose aux salariés un plan de croissance, axé sur le long-courrier. Insuffisant, pour le syndicat majoritaire chez les pilotes.

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Philippe Evain, président du SNPL Air France, a reconnu : "C’est mieux que ce qui était présenté jusqu’à présent" et "le climat a changé" au sein de la compagnie.  Mais, selon lui, le nouveau plan reste "extrêmement timide, peu propice à l’optimisme" . Le syndicaliste a contesté les chiffres de développement présentés par la direction et a fustigé "une opération de communication" . Il a réclamé un plan plus ambitieux : "Le transport aérien est en croissance, Air France fait des bénéfices, le pétrole est à un prix historiquement bas. Si on ne fait pas le développement aujourd’hui, on ne le fera jamais. Nos concurrents l’ont bien compris. Ils ouvrent des lignes" .

La direction réclame toujours aux pilotes des efforts de productivité, mais cette fois sans objectif chiffré, selon Philippe Evain qui assure que "les pilotes sont de bonne volonté" et prêts à négocier.

Sur France Info, Philippe Evain, le président du SNPL Air France a estimé que le plan "de développement" présenté par la direction d'Air France était "extrêmement timide et peu propice à l'optimisme". La direction a présenté vendredi en comité central d'entreprise (CCE) un nouveau plan censé remplacer le très contesté "plan B" de réduction d'activité.

Aucun départ contraint

Si 1.000 postes seront bien supprimés en 2016 sur la base du volontariat, la compagnie aérienne prévoit désormais la possibilité d'embaucher à nouveau des personnels navigants (pilotes, stewards, hôtesses) et ne prévoit "aucun départ contraint" pour le personnel au sol jusqu'à l'été 2018. Selon Philippe Evain, "ce qui nous a été présenté n'est ni plus ni moins ce qui était dans les tablettes au mois de juin, juste avant qu'on nous menace d'un 'plan B', qui était un plan de chantage à l'emploi" .

Par ailleurs, ce nouveau projet envisage l'entrée dans la flotte long-courrier de deux avions par an de 2017 à 2020 (soit 16 Boeing 787 et Airbus A350). Pour Philippe Evain, "ce n'est pas à la hauteur de ce qu'on est en droit d'attendre". "Si on ne fait pas le développement aujourd'hui on ne le fera jamais (…) Si on ne présente pas un plan de croissance, ce sont nos concurrents qui vont en profiter" , a-t-expliqué.