Trafic de tickets d'attente à la CAF : le reflet de la "détresse extrême"

A la Caisse d’Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône, les files d’attente s’allongent à mesure que les dossiers s’accumulent. A tel point que certains revendent des tickets d’attente pour quelques euros.

L\'éventualité d\'une fiscalisation des allocations familiales, évoquée dimanche 17 février 2013 par Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, fait débat.
L'éventualité d'une fiscalisation des allocations familiales, évoquée dimanche 17 février 2013 par Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, fait débat. ( FLORENCE DURAND / SIPA)
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Marie-Christine LauriolfranceinfoRadio France

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Des tickets d'attente revendus 4 ou 5 euros à la Caisse d’Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône : le trafic pourrait prêter à sourire. Pourtant, il est le reflet du malaise de certains allocataires, lassés de passer de trop longues heures à faire la queue pour remplir un dossier, ou faire valoir leurs droits.

A l’appel de l’intersyndicale FO-CGT, les employés de la CAF ont d’ailleurs cessé le travail lundi 21 novembre, pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail.

"Un matin, je suis arrivée une heure avant l’ouverture et un homme a voulu me vendre un ticket à 5 euros, témoigne Myriam. Quand je suis allée avertir le personnel, ils m’ont répondu que ce n’était pas leur problème !"

115 000 dossiers en attente à la CAF

Un trafic que ne dément pas le secrétaire CGT de la CAF des Bouches-du-Rhône, Lionel Zaouati. "C’est une illustration parmi d’autres de la situation de détresse extrême de la population allocataire dans le département. Donc oui, ça existe ! Comme les files d’attentes, les gens qui patientent dès 6h30 du matin dans le froid. Il y a une situation qui est terrible !"

Dans les Bouches-du-Rhône, 40% des 390 000 bénéficiaires de la CAF ne vivent que grâce aux prestations familiales. Le moindre retard de paiement ou la suspension des droits sont donc lourds de conséquence.

115 000 dossiers sont en attente dans le département. Malgré les réorganisations de la CAF, ce chiffre est identique à celui d’il y a trois ans.