Deux dirigeants du groupe Centre France/La Montagne ont été "retenus", dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 janvier, au siège de La République du Centre, à Saran (Loiret), par des salariés protestant contre les modalités d'un plan social. Les deux dirigeants du groupe Centre France/La Montagne ont été relâchés dans la soirée du mercredi, indique France 3 Centre. "Aucun accord n'a été trouvé mais un médiateur devrait intervenir jeudi", précisent nos confrères.

"A la suite d'une nouvelle réunion avec les syndicats, et vu que les choses n'avancent pas, les salariés ont eu une réaction d'orgueil et ont décidé de retenir ces dirigeants pour la nuit", avait déclaré un porte-parole des salariés, Christophe Bourdeau. Gilles Cremillieux, secrétaire général du groupe, et Jérôme Rivière, directeur des ressources humaines, ont été "bloqués dans les locaux, sans violence", par quelque 25 salariés, principalement des personnels techniques. 

230 emplois supprimés

Le quotidien n'est pas paru depuis onze jours, hormis son édition dominicale. Les salariés, en grève depuis le 18 janvier, protestent contre le montant de la prime supra légale proposée par la direction dans le cadre d'un plan social prévoyant la fermeture du centre d'impression et la suppression de 78 postes sur 145 à Saran. "La direction a proposé, mardi soir, de porter cette prime de 7 000 à 7 500 euros : on a pris ça pour une vraie provocation", a expliqué Christophe Bourdeau. Les salariés réclament 62 000 euros. 

A l'échelle du groupe, 230 emplois sont supprimés et le départ volontaire de 37 journalistes est demandé, pour réaliser une économie annuelle de fonctionnement de 16 millions d'euros. A La République du Centre, la restructuration va se traduire par le licenciement de 51 personnes, dont la quarantaine de salariés du centre d'impression qui sera supprimé. En outre, 22 licenciements sont prévus à la régie publicitaire du titre et un plan de départs volontaires concerne cinq postes de journalistes.

Centre France/La Montagne détient huit quotidiens et une douzaine d'hebdomadaires (1 200 personnes). Le groupe de presse veut se réorienter sur le numérique et diversifier son offre, grâce à un investissement de 15 millions d'euros. Il a réalisé un chiffre d'affaires de 223,5 millions d'euros en 2012 et mise, grâce à cette restructuration, sur 240 millions en 2016.