VIDEO. Un an après, le policier qui a fait face aux frères Kouachi témoigne

Le 7 janvier 2015, ce gardien de la paix s'est retrouvé face aux terroristes qui venaient d'achever leur tuerie dans les locaux de "Charlie Hebdo". Anonymement, il a accepté de se confier à France 2.

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Pour préserver son anonymat, nous l'appellerons Bruno. Agé de 26 ans, ce policier a vu son destin basculer il y a un an. Le 7 janvier 2015, il effectue une patrouille en voiture quand il se retrouve face à Chérif et Saïd Kouachi qui sortent de l'immeuble qu'occupait la rédaction de Charlie Hebdo. Les terroristes viennent de semer la mort et leur fuite est entravée par la présence du véhicule de Bruno.

Ce dernier raconte à France 2 : "La portière s'ouvre, le passager avant droit sort. Je m'en rappelle comme si c'était hier. Il épaule une arme longue et là... Le bruit, le feu, la flamme sort de l'arme..."

"Le pare-brise est en train de péter de partout"

Deux autres gardiens de la paix accompagnent Bruno dans le véhicule. "On se couche dans la voiture. Je suis au volant, je suis couché. Je choisis de passer la marche arrière. Il faut qu'on sorte de cette rue, il faut qu'on puisse se mettre à couvert pour intervenir d'une autre manière. Là, le bruit est assourdissant dans la voiture, le pare-brise est en train de péter de partout", poursuit-il.

Dans la voiture, tous sont blessés "soit par des éclats de verre, soit par des acouphènes dus au bruit. C'est miraculeux d'être sortis de cette voiture, ni plus ni moins. Il y avait une bonne étoile, je pense, au-dessus de nous trois", affirme Bruno.

La mort d'Ahmed Merabet

Quelques mètres plus loin, son ami et collègue Ahmed Merabet n'a pas cette chance. Le policier est abattu boulevard Richard-Lenoir par les frères Kouachi. "Il était couché sur le flanc gauche face à moi. J'ai pris sa tête, je lui ai caressé le front. Je lui ai demandé de rester avec nous... Ce sont des images qui marquent énormément. Toute l'horreur se résume à ça."

Malgré le traumatisme et les nuits sans sommeil, Bruno est resté dans la police. Il a quitté Paris et est désormais en poste dans l'ouest de la France. Le policier conserve l'arme de service qui l'accompagnait ce 7 janvier 2015, quand il se retrouva face aux terroristes qui venaient de plonger la France dans l'effroi.

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