"Charlie Hebdo" : l'épouse du policier tué en protégeant Charb porte plainte

Dans sa plainte, Ingrid Brinsolaro dénonce "deux faits troublants" qui pourraient témoigner de manquements de la part des services de renseignements.

Ingrid Brinsolaro, épouse du policier chargé de protéger Charb, lors des obsèques de son mari, le 15 janvier 2015 à Bernay (Eure).
Ingrid Brinsolaro, épouse du policier chargé de protéger Charb, lors des obsèques de son mari, le 15 janvier 2015 à Bernay (Eure). (MAXPPP)

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Elle ne veut pas de "polémique", mais "des réponses aux questions" qu'elle se pose depuis un an. L'épouse du policier Franck Brinsolaro, qui était chargé de la protection de Charb et qui a perdu la vie dans l'attentat contre Charlie Hebdo, il y a un an, a porté plainte contre X. Deux titres de presse locale, L'Eveil Normand et Normandie Actu, l'ont annoncé lundi 4 janvier au soir.

Cité par ces deux journaux, Me Philippe Stepniewski, l'avocat d'Ingrid Brinsolaro, elle-même rédactrice en chef de L'Eveil Normand, déclare avoir déposé lundi une plainte contre X auprès du procureur de Paris, François Molins, pour "homicide involontaire aggravé par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement en application des articles 121-3 et 221-6 du code pénal".

Deux "faits troublants"

Dans la plainte déposée, selon ces deux publications, l'avocat d'Ingrid Brinsolaro écrit que "deux faits troublants attestent des manquements de la Direction générale de la sécurité intérieure". Le premier fait porte "sur les informations relatives aux menaces dont Stéphane Charbonnier [le dessinateur Charb] faisait l'objet".

Le second fait troublant porte sur le témoignage apporté par un journaliste travaillant à proximité des locaux de Charlie Hebdo qui avait discuté quelques mois avant l'attentat avec un homme qui cherchait à localiser les bureaux du journal. Ce journaliste en avait informé le chef de mission du service en charge de la protection de Stéphane Charbonnier, qui aurait rédigé un rapport à l'intention de la DGSI. "Avec ma cliente, nous voulons savoir si ce rapport, établi suite au signalement du témoin, a bien été rédigé et transmis", a précisé l'avocat à L'Eveil Normand.

Si dysfonctionnement il y a eu, l'épouse du policier "veut que des responsabilités soient prises", ajoute l'avocat.