"Charlie Hebdo" : 10 morts au Niger dans des émeutes contre le journal

Le gouvernement nigérien a annoncé un deuil national de trois jours à compter de lundi.

Une église de Niamey (Niger) incendiée lors de manifestations hostiles à "Charlie Hebdo", le 17 janvier 2015.
Une église de Niamey (Niger) incendiée lors de manifestations hostiles à "Charlie Hebdo", le 17 janvier 2015. (BOUREIMA HAMA / AFP)

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Le gouvernement du Niger revoit à la hausse le bilan des victimes des émeutes contre Charlie Hebdo. Il l'établit à 10 morts et 173 blessés, lundi 19 janvier. "Un deuil national de trois jours est décrété à compter de lundi, en mémoire [des] dix personnes tuées lors des manifestations les 16 et 17 janvier", a indiqué le gouvernement sur la radio publique.

Des violentes manifestations contre la caricature de Mahomet portant une pancarte "Je suis Charlie", publiée en couverture du dernier numéro de l'hebdomadaire français, ont eu lieu vendredi, à Zinder, la deuxième ville du pays, et le lendemain à Niamey, la capitale. Dans cette dernière ville, 45 églises ont été incendiées, samedi. Un porte-parole de la police a indiqué également que "5 hôtels, 36 débits de boissons, un orphelinat et une école chrétienne ont été pillés avant d'être incendiés". Et d'ajouter : "Le drapeau français a été également brûlé lors de cette manifestation anti-Charlie à Niamey."

"Ceux qui pillent ces lieux de culte, qui les profanent, qui persécutent et tuent leurs compatriotes chrétiens ou les étrangers qui vivent sur le sol de notre pays n'ont rien compris à l'islam", a déclaré le président Mahamadou Issoufou, samedi.

L'opposition accusée de récupération politique

Lors de cette prise de parole, le président Issoufou a demandé aux "responsables de l'opposition" de "s'abstenir de toute instrumentalisation de la religion à des fins politiques". Président d'un pays à 98 % musulman, Mahamadou Issoufou avait participé à la marche républicaine du 11 janvier, à Paris. 

Des dirigeants de l'opposition ont appelé à manifester dimanche matin dans les rues de la capitale, rassemblant quelque 300 personnes, malgré l'interdiction des autorités. Des échauffourées se sont produites entre les protestataires et les policiers anti-émeute venus les disperser, et 90 manifestants ont été arrêtés.