Loi Travail : 7 Français sur 10 toujours contre

Malgré la réécriture de la loi Travail, 71% des Français restent opposés à la loi Travail, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien et France Info.

(Le projet de loi Travail est notamment contesté par les jeunes, ici des étudiants à Paris le 22 mars © MaxPPP)
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Alors que la nouvelle mouture de la loi Travail est présentée ce jeudi en Conseil des ministres, un nouveau sondage réalisé par Odoxa pour France Info et le Parisien risque de causer quelques cheveux blancs au Premier ministre et à la ministre du Travail, à l'origine de cette réforme. Selon l'institut, la réécriture du texte n'a rien changé. Les Français sont 71% à être opposés au projet de réforme. C'est exactement la même proportion que pour la première version.  Dans ces conditions, fallait-il faire évoluer le projet ? "Non", répondent six électeurs de droite sur 10 qui estiment que le projet de loi est vidé de sa substance. 

La réécriture vue comme de "légers ajustements" 

Dans le détail, on trouve tout de même quelques changements. Selon Odoxa, contrairement aux économistes,  une large majorité de Français estime qu'il fallait faire ces modifications ; la suppression du plafonnement des indemnités aux Prud'hommes en cas de licenciement abusif et le renforcement de compte personnel d'activité. Les syndicats de salariés, les sondés estiment qu'ils sortent perdants de la séquence. Et cela vaut aussi pour la CFDT. Mais, contrairement au patronat, cette majorité de Français n'y voit que de "légers ajustements" qui ne modifient pas l'esprit de la loi. D'ailleurs, pour l'opinion publique, le grand gagnant - l'unique en fait - est le Medef.

Aucun avantage à tirer de la réforme 

Autre enseignement du sondage : les Français ont le sentiment qu'ils ne tireront aucun avantage de la réforme. Le gouvernement a donc perdu la bataille de la communication. Le premier ministre n'a cessé de répéter qu'il défendait l'intérêt des Français. 60% des sondés estiment que le Premier ministre sort perdant de la séquence, et c'est la même chose pour le président de la République et Myriam El Khomri, la ministre du travail. Aux yeux de l'opinion, le seul vainqueur, c'est peut être le Medef. et encore... Ce n'est l'avis que d'une très courte majorité.