Transports : les "cars Macron" attirent surtout les femmes, les jeunes et les familles

Pour les autocars, la période estivale est une aubaine. Depuis 2015, leur clientèle est essentiellement féminine et jeune. En période estivale, les familles en profitent aussi.

Des \"cars Macron\" à la gare routière de la Porte Maillot à Paris, en septembre 2016. Image d\'illustration.
Des "cars Macron" à la gare routière de la Porte Maillot à Paris, en septembre 2016. Image d'illustration. (MAXPPP)
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Camille RevelRadio France

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Anaïs est partie de chez elle à 4 heures ce matin. Elle arrivera vers 19 heures mais, pour le moment, patiente avec ses valises à la gare routière de Bercy dans le XIIe arrondissement de Paris. Cette étudiante de 19 ans vit à Mande, en Lozère. Elle attend son "car Macron", ce nouveau moyen de transport, libéralisé en 2015, qui se développe de plus en plus. Pour les trois acteurs qui se partagent le marché, Flixbus, Ouibus-SNCF et Isilines, la période estivale est une aubaine : sur les trois premiers mois de l'année, ces cars qui desservent 204 villes françaises ont transporté 1,3 millions de passagers.

Une clientèle très féminine

Les femmes représentent près de deux voyageurs sur trois. C'est une première pour Anaïs. Si la jeune femme a choisi de voyager en car, c'est qu'elle a eu une très mauvaise expérience en covoiturage. "Cela s'est trop mal passé, se souvient Anaïs. Je suis tombée sur des vieux 'relous'. On m'a fait conduire... carrément ! Et le mec s'est endormi à côté ! Il m'a laissé conduire toute la route, je me suis tapée huit heures de route. Le mec ne se réveillait jamais. J'en avais trop marre."  Des inconvénients qu'elle pense ne pas rencontrer en car : "On peut s'allonger, on peut dormir et le chauffeur ne va pas nous demander de conduire."

Ces autocars ont également un côté "rassurant" pour les femmes si l'on en croit Chloé Pensivy, responsable de communication chez Flixbus, la première entreprise du secteur avec 1,3 million de voyageurs à elle seule rien que cet été. "Par rapport au covoiturage, qui est aussi un moyen de transport un petit peu concurrent, on a plus de sécurité, assure Chloé Pensivy. Le chauffeur, on le connaît, il n'y a pas de danger."

Un passager sur cinq est étudiant

Autre avantage des autocars : le prix du billet. Un trajet de 100 km coûte 4,30 euros en moyenne. Résultat logique : un voyageur sur cinq est étudiant. Anaïs part peu en vacances. Elle met de côté "500 euros" pour les vacances chaque année environ et elle veut tenir son budget. "J'ai payé 54 euros parce que je l'ai réservé au dernier moment sinon c'était une trentaine d'euros", indique la jeune femme. 

Mathilde et Martin sont des habitués des "cars Macron". Ces deux jeunes de 18 ans étudient à Paris et rentre régulièrement chez eux, dans le Pas-de-Calais : "Généralement on prend le bus pour revenir chez nous, à Calais, passer les vacances ou voir la famille", dit Martin. Ils ont payé 11 euros chacun. Si l'atout principal est le prix, le désavantage est... le temps. "On va mettre à peu près 4 heures, 4h30, note Martin. En train on aurait mis 1h45, 2h." Certains, comme Laura, une autre passagère, regrettent aussi que les cars manquent de confort : "Les toilettes et tout, moi je n'aime pas ça !, lance-t-elle. Ça bouge, c'est horrible, c'est tout petit."

Les "cars Macron" ne font pas le plein

En cette période de grands départs, les "cars Macron" transportent aussi une clientèle familiale. C'est le cas de Noémie qui va passer ses vacances dans le Loir-et-Cher avec ses deux enfants de 2 et 10 ans. "Cela fait trois fois qu'on le prend pour partir, raconte la jeune mère de famille. Quand j'ai le petit, je préfère partir en bus, c'est plus pratique, on ne change pas trop. Question pratique et financière aussi." 

Au premier trimestre 2017, les "cars Macron" ont transporté 1,3 millions de passagers (6 millions pour l'année 2016) pour un chiffre d'affaires de 18,7 millions d'euros (HT), selon l'Arafer, le régulateur du rail et de la route. L'organisme France Stratégie, rattaché à Matignon, estime qu'en 2013, ils devraient transporter entre 15 et 25 millions de passagers. Mais malgré leur succès, les objectifs ne sont pas encore atteints : aujourd'hui, quand les portes du bus se referment, plus d'un siège sur deux reste vide. Les entreprises du secteur doivent donc séduire une clientèle plus variée.