La retraite chapeau de Gérard Mestrallet désapprouvée par l'Etat mais validée

Le patron de GDF Suez pourra bien toucher sa retraite-chapeau d'un peu plus de 800.000 euros par an. Le gouvernement ne demandera pas à Gérard Mestrallet de renoncer à ce montant au grand dam de la CGT qui avait mis cette affaire sur la place publique.

(La retraite de Gérard Mestrallet validée © REUTERS/Benoit Tessier)
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La retraite chapeau du patron de GDF Suez Gérard Mestrallet, qui doit quitter son poste en mai 2016, a été soumise à ce qu'on appelle le Haut comité de gouvernement d'entreprise, une instance composée de grands patrons et de juristes chargée d'étudier certaines rémunérations qui peuvent poser problème.

 

Ce haut comité n'a rien trouvé de choquant aux émoluments du patron de GDF Suez, un peu plus de 831.641 euros par an au titre de retraite complémentaire, et a estimé que le montant est conforme au code de bonnes pratiques élaboré par le Medef et l'Association française des entreprises privées.

 

Quand au ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, il avait forcément son mot à dire puisque l'Etat détient environ un tiers du capital de GDF Suez. Il ne se fait pas prier pour souligner que le montant de cette retraite chapeau a été décidé en 2011, lorsque la droite était encore au pouvoir. 

"L'Etat votera contre ce type de résolution à l'avenir "

Fin octobre 2014, le Canard Enchaîné  assurait que GDF Suez avait provisionné 21 millions d’euros pour payer un bonus de pension à son PDG. La révélation de cette retraite-chapeau, qui s’ajoute aux autres régimes de retraites dont bénéficiera Gérard Mestrallet, avait provoqué une vive polémique.

A l’époque, Emmanuel Macron avait déclaré : "Le niveau prévu pour la retraite choque, je le comprends ". Aujourd'hui, il a ajouté que si la situation se représentait, les administrateurs de l'Etat chez GDF Suez voteraient contre. Pourtant, le ministre a refusé d’aller plus loin. Il ne demandera pas à Gérard Mestrallet de renoncer à sa retraite-chapeau. "Nous considérons donc qu’elle est acquise, même si le gouvernement désapprouve ce type de rémunération ".

 

A Bercy, on a précisé que "le ministre ne veut pas créer d'instabilité dans le monde de l'entreprise". Pourtant, "l’Etat votera contre ce type de résolution à l’avenir ", a ajouté le ministre de l’Economie.

Il y a un an, Philippe Varin, patron de PSA Peugeot Citroën, avait lui renoncé à une retraite-chapeau estimée à un total de 21 millions d’euros, sous la pression de l’Etat.