Automobile : le Français PSA intéressé par le rachat de l'Allemand Opel

Le groupe français examine plusieurs hypothèses dans le cadre de ses discussions avec General Motors, parmi lesquelles le rachat du constructeur allemand et de sa déclinaison au Royaume-Uni.

Le groupe PSA est intéressé par l\"achat de l\'Allemand Opel, aujourd\'hui détenu par General Motors.
Le groupe PSA est intéressé par l"achat de l'Allemand Opel, aujourd'hui détenu par General Motors. (ANDREAS ARNOLD / DPA / AFP)
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PSA veut prendre un peu de poids et rugir à nouveau. Pour atteindre un seuil critique, le groupe français étudie avec General Motors la possibilité d'acquérir Opel et Vauxhall, déclinaison de la marque au Royaume-Uni. "A ce stade, il n'existe aucune certitude sur la conclusion d'un éventuel accord", précise toutefois PSA, dans son communiqué publié mardi 14 février.

Le groupe PSA confirme examiner avec General Motors, de nombreuses initiatives stratégiques visant à améliorer sa rentabilité et son efficacité opérationnelle, y compris une acquisition potentielle d’Opel et Vauxhall.

PSA

dans un communiqué

"Depuis 2012, General Motors et le groupe PSA ont mis en œuvre une alliance qui couvre, à ce jour, trois projets en Europe, qui ont généré des synergies assez importantes", rappelle le porte-parole. Le journal Le Monde cite notamment le nouvel Opel Zafira, produit en France chez PSA, et le successeur du C3 Picasso, qui sera produit en Espagne chez Opel.

PSA a besoin d'atteindre une taille critique

General Motors a quelques raisons d'aller plus loin et de céder Opel et Vauxhall. Une semaine avant le communiqué de PSA, l'Américain a annoncé une perte de 257 millions de dollars pour ses activités européennes en 2016, ce qui représente son 16e exercice annuel déficitaire consécutif. GM pâtit, selon les analystes, d'un portefeuille de produits mince comparé à ses concurrents généralistes en Europe.

Le groupe PSA, lui, cherche à s'étoffer. La taille est un critère important dans le secteur automobile, car il dégage de faibles marges, tout en étant gourmand en capitaux. En 2016, PSA a immatriculé 3,15 millions de véhicules, loin derrière Volkswagen, Toyota, General Motors et Renault-Nissan, qui ont tous produit autour de 10 millions d'unités. Open et Vauxhall, eux, ont immatriculé 1,2 million de véhicules.

Inquiétudes outre-Rhin

Ces rumeurs d'acquisition inquiètent les Allemands, très attachés au sort de la marque Opel. En 2008, déjà, General Motors avait tenté de vendre le constructeur à Magna, rappelle Le Figaro. Le groupe américain avait finalement fait demi-tour, face au tollé suscité par les négociations. Mercredi, le quotidien Die Welt consacre d'ailleurs sa une au dossier PSA.

Le montant d'un éventuel rachat reste la grande inconnue. Après avoir frôlé la faillite en 2013 et 2014, PSA n'a dû son salut qu'à l'arrivée au capital d'un partenaire chinois, Dongfeng, et de l'Etat français. Le groupe est revenu dans le vert dès l'exercice 2015 en dégageant 1,2 milliard d'euros de bénéfice net. Ses résultats 2016 seront publiés le 23 février. Nul doute que le gouvernement allemand y jettera un œil attentif.