Rugby : le patron de la Fédération française, Bernard Laporte, cité par Mediapart dans une enquête sur les paradis fiscaux

Selon Mediapart, l'ex-sélectionneur des Bleus et ex-secrétaire d'Etat a été "au cœur de montages commerciaux sophistiqués".

Le nouveau patron de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte, le 3 décembre 2016, à Marcoussis (Essonne).
Le nouveau patron de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte, le 3 décembre 2016, à Marcoussis (Essonne). (FRANCK FIFE / AFP)
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Bernard Laporte à la limite du hors-jeu. Le nouveau président de la Fédération française de rugby est cité, vendredi 13 janvier, dans un article de Mediapart révélant qu'il "a été au cœur de montages commerciaux sophistiqués passant par les plus grands paradis fiscaux de la planète".

L'ancien demi de mêlée de Bègles, qui a affirmé "tomber des nues" à la lecture des documents présentés par Mediapart, nie toute évasion fiscale et évoque simplement une affaire commerciale de "pieds nickelés" qui n'a finalement pas très bien tourné. Il affirme aussi ne pas connaître le nom du "mystérieux investisseur", mais seulement son avocat.

Du Luxembourg au Panama

Les faits remontent à 2003. Alors sélectionneur de l'équipe de France, Bernard Laporte est également à la tête de la florissante société Be Rug Be, qui vend des ballons et des vêtements de sport. Il partage les commandes de l'entreprise avec notamment deux autres rugbymen, Diego Dominguez et Philippe Sella. Cherchant à développer son activité à l'étranger, Be Rug Be s'associe à un mystérieux investisseur au Luxembourg, que Mediapart n'a pu identifier.

Une société est alors créée au Luxembourg, majoritairement détenue par une holding elle-même propriété de deux entreprises implantées à Belize et au Panama, deux paradis fiscaux. Une autre société, domicilée aux îles Vierges britanniques, est également impliquée dans le montage. 

"Il n'y a pas d'interdiction de monter des sociétés au Luxembourg, donc pourquoi pas ?", ajoute Bernard Laporte à Mediapart. L'Aveyronnais ajoute avoir déclaré sa participation à la société luxembourgeoise lorsqu'il est devenu secrétaire d'Etat aux Sports du gouvernement de François Fillon, en 2007. Cette entreprise a été dissoute en 2014.