Places d'hébergement pour les sans-abris : il faut "sortir de cette logique de la création de places dans l'urgence"

Face à la hausse des demandes de places d'hébergement, le président du Samu social, Eric Pliez, réclame "un plan ambitieux qui permette d'avancer", "cela doit devenir une priorité nationale". 

Eric Pliez, président du SAMU social de Paris, le 22 octobre 2014.
Eric Pliez, président du SAMU social de Paris, le 22 octobre 2014. (MAXPPP)
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La France manque de places d'hébergement pour les sans-abris. A peine plus d'un appel sur trois au numéro d'urgence du 115 aboutit à une solution depuis le début de l'été alors que le nombre d'appels est en augmentation par rapport à l'an dernier. La situation est particulièrement explosive à Paris, Marseille et Bordeaux. Le ministère de la Cohésion du territoire a débloqué jeudi une enveloppe de 200 millions d'euros d'aide. "La situation nécessitait une réaction et on est content de cette réaction même si une partie de ce budget, c'est du rattrapage", a réagi Eric Pliez, président du Samu social, dimanche 6 août sur franceinfo. 

franceinfo : 200 millions d'euros, c'est un geste qui va dans le bon sens ?

Eric Pliez : Plus 9% d'appels en Ile-de-France au mois de juin, 600 personnes en moyenne par jour que nous ne pouvons pas prendre en charge pendant cette période, la moitié sont en famille… Oui, la situation nécessitait une réaction et on est content de cette réaction même si une partie de ce budget c'est du rattrapage par rapport à un réajustement budgétaire, on va dire, mais il y a un vrai effort qu'il faut saluer. 

Et en même temps, il ne suffit pas de créer des places. Cela doit devenir une priorité nationale.

Eric Pliez, président du Samu social

à franceinfo

Nous avons aujourd'hui à la rue des personnes qui ont des profils très divers. Nous avons des travailleurs pauvres qui ont besoin d'un logement, nous avons des femmes battues qui ont besoin d'un soutien psychologique, nous avons des clochards qui ont besoin d'un long accompagnement et de soins et d'une remise au travail quand ils seront soignés. Il faut un plan ambitieux qui permette d'avancer et de sortir de cette logique de la création de places dans l'urgence qui sont utiles, indispensables mais qui ne vont pas résoudre le fond.

Emmanuel Macron a-t-il pris conscience selon vous de l'immensité du travail à accomplir ?

J'espère. J'ai entendu des propos rassurants. Vous savez, les publics que l'on reçoit au 115 viennent de partout : on y trouve des exilés, de futurs demandeurs d'asile, d'autres qui ne le seront pas. Les gens de toute façon, seront toujours mieux avec un toit sur la tête, avec un repas dans le ventre et un accompagnement qu'en restant à la rue, exposés à toutes les maladies, à tous les risques. Il me semble que le président de la République l'a dit. Il vient de faire un geste fort avec ces 200 millions donc nous attendons impatiemment la suite.

Comment expliquez-vous l'augmentation du nombre d'appels ?

Je pense que le 115 c'est le dernier filet quand les gens tombent. Et comme je le disais, des publics divers, des situations d'expulsions à la fin de l'hiver, des fermetures de places à la fin de l'hiver alors que la fédération des acteurs de la solidarité le répètent régulièrement, c'est toute l'année que le besoin est là.