Fonctionnaires en grève : la CGT revendique "la plus forte mobilisation depuis l'élection de Hollande"

Des milliers de fonctionnaires ont manifesté principalement pour réclamer des hausses de salaires.

Manifestation de la fonction publique, à Paris, le 26 janvier 2016.
Manifestation de la fonction publique, à Paris, le 26 janvier 2016. (MAXPPP)

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"La journée d'action du 26 janvier fera date : elle a rassemblé la plus forte mobilisation dans la Fonction publique depuis l'élection de François Hollande", déclare, mardi 26 janvier, dans un communiqué, la CGT Fonction publique, qui avait appelé à la grève avec FO et Solidaires. Les chiffres de la police concernant le nombre des manifestants ne sont pas encore connus.

Pourquoi les fonctionnaires manifestaient-ils ?

"Austérité ça suffit ! Pour le service public, l'emploi, les salaires" : des milliers de fonctionnaires ont manifesté pour leur pouvoir d'achat et contre la réforme du collège. Les 5,6 millions d'agents de la fonction publique ont perdu entre "8 et 10%" de leur pouvoir d'achat en cinq ans, selon FO et la CGT. Depuis 2010, le point d'indice qui sert à calculer leurs salaires est gelé. 

Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, qui défilait à Paris, a parlé d'une "mobilisation sur les salaires au moment où le patronat et le gouvernement essaient de culpabiliser les salariés sur le coût du travail".

A Lille, les manifestants ont scandé : "public, privé, même combat, ce n'est pas aux actionnaires de faire la loi, la vraie démocratie, elle est ici", "Il y en a ras-le-bol de ces guignols qui ferment les usines et ferment les écoles". Infirmiers, sages-femmes, retraités, bibliothécaires, cuisiniers, cheminots étaient nombreux à réclamer aussi "des augmentations de salaires".

"Syndicalistes, pas terroristes": à Lille comme à Paris, certains ont apporté leur soutien aux salariés de Goodyear condamnés à des peines de prison ferme.

Combien étaient les grévistes ?

Le ministère de la Fonction publique donnait "3% de grévistes" dans la Territoriale à midi et 10,9% dans la fonction publique d'État (enseignants compris). Côté éducation nationale, 22,3% des professeurs étaient en grève dans les collèges, selon les chiffres du ministère (50% selon le premier syndicat), et 12,24% des enseignants du primaire (33% de source syndicale). Pôle emploi donnait 3,55% de grévistes.

De son côté, la CGT a revendiqué "la plus forte mobilisation de la fonction publique depuis l'élection de François Hollande" avec 130 000 à 150 000 manifestants et surtout "30% de grévistes", un taux "nettement supérieur la dernière mobilisation" unitaire de mai 2014 (15 à 16%).

Pour la Direction générale des finances publiques, qui a connu une des plus fortes réductions de postes depuis 2007, Solidaires a fait état de "plus de 25% de grévistes" et "plus de 30% voire 40%" dans une cinquantaine de départements.

Et combien ont défilé dans les rues ?

Dans le cortège parisien, ils étaient 6 000 manifestants, selon la préfecture de police, et 15 000, selon les syndicats. A Marseille, entre 3 600 et 10 000 personnes, selon les estimations, ont manifesté dans le centre. Ils étaient plus d'un millier à Nice, dont des enseignants et des personnels hospitaliers.

Les manifestations ont également mobilisé à Toulouse (2 200 à 6 000) où la banderole de tête de cortège s'élevait "Contre l'austérité, pour l'emploi, les salaires, les services publics de proximité", Tarbes (700 à 1 000) et Perpignan (1 000 à 3 000).

Dans le Grand Ouest, les manifestations les plus importantes ont eu lieu à Rouen, Nantes, Brest et Tours.

Que répond le gouvernement ?

Mais la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a répété mardi que les fonctionnaires ne devaient pas s'attendre à une "grosse augmentation du point d'indice" lors de la prochaine négociation salariale prévue en février.