Procès des "faucheurs de chaises" : le prévenu assume "des actions de désobéissance civile qui ont une petite part d'illégalité"

Le militant altermondialiste Jon Palais est jugé lundi pour avoir volé des chaises d'une agence BNP Paribas, pour dénoncer la fraude et l'évasion fiscale organisée par la banque. Sur franceinfo, il revendique un geste "juste et utile".

Le militant Jon Palais, lors d\'une rencontre avec Benoît Hamon, le 4 janvier 2017 à Bayonne.
Le militant Jon Palais, lors d'une rencontre avec Benoît Hamon, le 4 janvier 2017 à Bayonne. (IROZ GAIZKA / AFP)
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Jon Palais, est jugé lundi 9 janvier pour avoir volé des chaises dans une agence parisienne BNP Paribas, en octobre 2015, afin de dénoncer des faits de fraude et évasion fiscale de la part de la banque. Ce "fauchage" se veut un clin d'œil aux actions des faucheurs de plants d'OGM. Interrogé sur franceinfo lundi, Jon Palais, militant de l'association altermondialiste Bizi ("vivre" en basque), revendique son geste : "Nous avons mené des actions de désobéissance civile qui ont une petite part d'illégalité mais qui révèlent une situation d'injustice qui est beaucoup plus grande".

Les "faucheurs de chaises" dénoncent l'évasion fiscale et le rôle joué par certaines banques

Jon Palais a affirmé que "cette action est juste et utile, parce qu'elle interpelle l'opinion publique, les pouvoirs publics sur une question qui est essentielle". Pour le militant altermondialiste, "les citoyens doivent intervenir, faire cesser ces scandales à répétition d'évasion fiscale. Jusqu'où va-t-on aller ? Il y a le scandale de la HSBC, le scandale des Panama Papers, le scandale des LuxLeaks. Jusqu'où va-t-on continuer à découvrir que ce système est organisé sciemment par les banques, jusqu'à quand va-t-on accepter ça ?", s'interroge Jon Palais.

Son avocate, Eva Joly, pointe sur franceinfo l'écart entre les "six milliards de bénéfices" réalisés par la BNP en 2015 et "la valeur de ces 14 chaises qui est peut-être de 50 euros sur leboncoin". Pour l'avocate, "cela signifie clairement que la BNP n'a pas compris que le monde a changé, et que sa pratique d'aide à la défiscalisation est révolue".

Le prévenu, Jon Palais, 37 ans, risque jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende pour avoir volé des chaises dans une agence parisienne BNP Paribas, en octobre 2015, afin de dénoncer des faits supposés de fraude et évasion fiscale de la part de la banque. Le procès doit commencer à 13h. Des personnalités telles que José Bové ou Yannick Jadot ont annoncé leur venue.