L'électricité naît désormais dans les choux. A Krautergersheim (Bas-Rhin), capitale autoproclamée de la choucroute, le jus polluant issu de la fermentation du chou est transformé en chaleur et en électricité. Depuis plus d'un an, la station de traitement des eaux usées du Bassin de l'Ehn recycle le déchet acide que génèrent les choucroutiers locaux. Le biogaz obtenu est utilisé sur place pour produire la chaleur nécessaire à plusieurs installations de la station, voire de l'électricité revendue au réseau EDF. Au total, le biogaz produit sur un an correspond à la consommation d'énergie de 1 500 personnes.

Même si ce jus génère désormais de l'énergie, les choucroutiers n'en restent pas moins facturés pour pouvoir le dépoter dans la nouvelle station. "On économise sur les frais de transport, parce qu'avant, on devait apporter notre jus jusqu'à la station de Strasbourg", qui le diluait dans l'énorme quantité d'eaux usées qu'elle traite, explique Jean-Luc Meyer, dont l'entreprise est située à deux minutes de tracteur de la nouvelle station. Mais surtout, "on passe d'un statut de pollueur à une image qui est plus associée au développement durable, et ça, c'est bon pour la profession", se réjouit ce gérant de la principale choucrouterie de la zone.

Un procédé innovant est appliqué dans une station bâtie près de Krautergersheim (Bas-Rhin), la "capitale" autoproclamée de la choucroute.
Un procédé innovant est appliqué dans une station bâtie près de Krautergersheim (Bas-Rhin), la "capitale" autoproclamée de la choucroute. (GARETH MORGANS / GETTY IMAGES)