Castorama et Leroy Merlin bravent l'interdiction d'ouvrir le dimanche

Les deux groupes de bricolage préfèrent payer l'astreinte prévue par la justice plutôt que de fermer les 15 magasins d'Ile-de-France condamnés à une fermeture dominicale.

Le magasin Castorama d'Englos (Nord), en novembre 2012.
Le magasin Castorama d'Englos (Nord), en novembre 2012. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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Nouvel épisode dans la guerre des bricoleurs du dimanche. Les groupes Castorama et Leroy Merlin ont décidé, vendredi 27 septembre, d'ouvrir, ce dimanche 29 septembre, les 15 magasins d'Ile-de-France concernés par une décision du tribunal de commerce de Bobigny. Cette dernière leur interdisait pourtant d'ouvrir ces enseignes le dimanche.

Leroy Merlin a ainsi annoncé que ses neufs magasins franciliens visés seront ouverts. De son côté, Castorama "a pris la décision d'ouvrir ce dimanche les [six] magasins concernés par l'ordonnance en référé en acceptant de porter le poids éventuel des astreintes", selon un porte-parole du groupe.

Pourquoi ont-ils décidé de braver la justice ? Que risquent-ils ? Eléments de réponses.

Pourquoi font-ils cela ?

Les deux groupes contestent la décision du tribunal de commerce de Bobigny. Les dirigeants de Leroy Merlin, "choqués" et "atterrés", ont par ailleurs fait savoir qu'ils comptaient faire appel de la décision. Castorama, qui "étudie toutes les voies possibles pour obtenir des autorisations d'ouverture pour les enseignes concernées", envisage également un appel.

Accusée de violer le Code du travail sur le travail dominical, Leroy Merlin estime que ses neuf magasins "ne sont pas dans l'illégalité". Le groupe prend pour exemple le magasin de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), situé dans un périmètre urbain de consommation exceptionnelle (PUCE) et donc autorisé à ouvrir le dimanche. "Il est condamné, mais il a le droit d'ouvrir", a souligné un porte-parole dénonçant  "un imbroglio politique et administratif total".

Castorama estime lui qu'il était impossible de prévenir salariés et clients dans un délai aussi court. Leroy Merlin, de son côté, met en avant l'impact sur la rémunération des quelque 2 800 salariés qui se portent volontaires pour travailler ponctuellement ou régulièrement le dimanche. "Un peu plus de 400 personnes ne travaillent que le week-end, et nous avons quelques cas de personnes qui ne travaillent que le dimanche", explique le groupe.

Que risquent-ils ?

Ce choix de braver la décision du tribunal pourrait coûter cher aux deux groupes. Castorama et Leroy Merlin s'exposent à devoir payer l'astreinte de 120 000 euros par magasin et par jour prévue le tribunal en cas de non respect de sa décision.