Nokia est resté pendant quatorze ans le numéro 1 mondial des téléphones mobiles. Cette domination a pris fin mardi 1er mai. Le Finlandais a été relégué à la deuxième place par le Coréen Samsung. L'Américain Apple est en embuscade sur la troisième marche du podium. Le géant est fragilisé et, pour enrayer son déclin sur le marché, il a entrepris sa restructuration, il y a plus d'un an. Jeudi 14 juin, il a annoncé de nouvelles mesures drastiques. 

• 10 000 emplois supprimés

Nokia a décidé de nouvelles mesures de réduction des coûts de 1,6 milliard d'euros d'ici à fin 2013, qui entraîneront la suppression de 10 000 emplois dans le monde. Ces mesures vont provoquer la fermeture des sites d'Ulm (Allemagne) et de Burnaby (Canada). A Salo (Finlande), l'unité de fabrication va également fermer, mais la cellule recherche et développement du site reste ouverte.

• Les têtes tombent

Le plan de restructuration concerne également la hiérarchie de Nokia. Le groupe a annoncé la démission de trois de ses plus hauts dirigeants : la responsable du marketing, Jerri DeVard, recrutée il y a dix-huit mois, la responsable des téléphones d'entrée de gamme, Mary McDowell, et Niklas Savander, un des piliers du groupe, en charge des ventes et de la logistique.

• La marque de luxe vendue

Soucieux de se recentrer sur son cœur de métier, Nokia a également annoncé la vente de sa marque de grand luxe Vertu au fonds privé d'investissement nordique EQT VI, pour un montant non précisé. Le groupe conserve cependant une part minoritaire de 10% dans Vertu, qui a vu le jour en 1998 lorsque la direction de Nokia a décidé de se lancer dans la niche du téléphone portable haute couture, souvent décoré de diamants ou autres pierres précieuses. Le prix d'un tel appareil débute à environ 4 000 euros et peut atteindre 200 000 euros.

• Une mutation technologique

Nokia s'est engagé dans une transition technologique pour remplacer son système d'exploitation maison Symbian par un autre en partenariat avec Microsoft. Ce partenariat a donné naissance à la ligne de smartphones Lumia. Mais dans ce secteur lucratif, Nokia est très en retard sur ses concurrents BlackBerry, du canadien RiM, iPhone d'Apple, et sur les appareils utilisant la plate-forme Android de Google. 

• Un investissement à risque

En avril, Nokia a annoncé un résultat trimestriel désastreux avec une perte sèche de 929 millions d'euros du fait de la baisse des ventes de 30% d'une année sur l'autre. Le groupe a du coup été relégué par l'agence de notation Standard & Poor's dans la catégorie des émetteurs spéculatifs.

L'annonce de ces nouvelles suppressions de postes a surpris les économistes, et l'action Nokia n'a cessé de chuter perdant 16% de sa valeur en une journéeLa direction a enfin reconnu que les résultats au deuxième trimestre de sa branche smartphones seraient pires que prévu, avec une perte opérationnelle pour l'ensemble du secteur appareils plus importante qu'escompté. Une annonce qui rend l'avenir du groupe encore plus incertain.